
Banteay Samré n’est pas le temple le plus célèbre d’Angkor. Il n’a ni la puissance d’Angkor Wat, ni l’atmosphère iconique de Ta Prohm, ni la finesse spectaculaire de Banteay Srei. Pourtant, il peut offrir une très belle visite à ceux qui disposent d’un peu plus de temps autour de Siem Reap.
Situé à l’écart des grands circuits les plus fréquentés, non loin de l’ancien Baray oriental, Banteay Samré appartient au XIIe siècle. Il est généralement associé au règne de Suryavarman II, le roi d’Angkor Wat, et son architecture rappelle d’ailleurs certains codes de cette période : galeries, enceintes, tours, douves, décor sculpté et proportions harmonieuses.
En ce qui nous concerne, Banteay Samré a été le dernier temple que nous avons visité à Angkor. Après plusieurs journées très denses, nous avions envie d’une visite plus calme. Le matin même, nous étions allés assister au lever du soleil à Angkor Wat, puis nous étions rentrés à l’hôtel pour le petit déjeuner. La journée n’était pas prévue comme une grosse journée de temples. Banteay Samré s’est imposé comme une belle option pour terminer notre séjour à Siem Reap sur une note douce, loin de la foule.
Banteay Samré mérite une visite si vous avez déjà découvert les grands incontournables d’Angkor et que vous souhaitez prolonger votre exploration avec un temple plus calme, plus discret et moins fréquenté.

Ce n’est pas un site à placer en priorité lors d’un premier séjour très court. Si vous n’avez qu’un ou deux jours à Angkor, mieux vaut concentrer votre énergie sur Angkor Wat, Angkor Thom, Ta Prohm, Preah Khan ou Banteay Srei. En revanche, si vous disposez de plusieurs jours, Banteay Samré permet de découvrir un autre rythme de visite.

Son principal atout tient à son atmosphère. Le temple est agréable à parcourir, relativement lisible, bien proportionné et souvent plus tranquille que les grands sites du centre. On peut y prendre le temps d’observer l’architecture, de circuler entre les enceintes, de regarder les sculptures restantes et de profiter d’un moment de calme.
Banteay Samré n’est pas un temple spectaculaire au premier regard. Il séduit plutôt par son équilibre, son silence et cette impression de visiter un site important sans être emporté par le mouvement des groupes.
Banteay Samré date du milieu du XIIe siècle. Il est généralement rattaché à la période de Suryavarman II, même si certains travaux ont pu se poursuivre ou être complétés sous ses successeurs.
Cette datation explique les rapprochements fréquents avec Angkor Wat. On retrouve à Banteay Samré un style classique, avec des galeries, des enceintes successives, une tour centrale, des bibliothèques, des décors sculptés et une composition assez ordonnée.

Le temple était hindou à l’origine, probablement dédié à Vishnou, comme Angkor Wat. Cette orientation religieuse se retrouve dans certains décors et dans l’organisation du sanctuaire, même si le site a pu connaître, comme beaucoup de monuments angkoriens, des évolutions d’usage au fil des siècles.
Ce lien avec Angkor Wat ne signifie pas que les deux temples produisent le même effet. Banteay Samré est beaucoup plus petit, moins monumental, moins spectaculaire. Il ne cherche pas à impressionner par la grandeur. Il permet plutôt de retrouver, à une autre échelle, certains codes architecturaux de cette grande période classique.
Le nom Banteay Samré signifie généralement “citadelle des Samré”. Les Samré étaient un ancien groupe ou peuple de la région, souvent mentionné dans les explications liées au temple. Comme toujours avec les noms modernes des temples khmers, il faut rester prudent. Ils ne correspondent pas forcément au nom ancien du sanctuaire ni à sa fonction d’origine. Mais cette appellation donne tout de même une identité particulière au site : celle d’une enceinte, d’un espace protégé, légèrement à l’écart, associé à une mémoire locale.

Le terme “banteay”, que l’on retrouve aussi dans Banteay Srei ou Banteay Kdei, renvoie à l’idée de citadelle ou d’enceinte fortifiée. À Banteay Samré, cette impression se comprend bien sur place. Le temple est organisé autour d’enceintes, de murs, de portes et d’espaces successifs qui donnent le sentiment d’entrer progressivement dans un lieu fermé, protégé et structuré.
L’un des avantages de Banteay Samré est sa lisibilité. Le temple n’est pas aussi labyrinthique que Preah Khan, pas aussi effondré que Beng Mealea, pas aussi dense que le Bayon. On comprend assez vite son organisation.

On y retrouve une entrée, des enceintes, des galeries, des passages, des cours, des bâtiments annexes et un sanctuaire central. Cette clarté rend la visite agréable, surtout après plusieurs journées passées dans des sites plus vastes ou plus complexes.
Le temple est entouré de douves, ce qui renforce son caractère isolé et presque “posé” dans son environnement. Même si l’eau n’a plus forcément l’importance visuelle qu’elle devait avoir autrefois, cette présence rappelle le rôle essentiel des bassins, réservoirs et systèmes hydrauliques dans le monde angkorien.
Banteay Samré se parcourt donc assez naturellement. On peut entrer, observer les murs, traverser les passages, rejoindre le cœur du sanctuaire, puis prendre le temps de regarder les perspectives et les volumes. La visite ne demande pas une grande préparation, mais quelques repères permettent de mieux apprécier le site.
Banteay Samré conserve de beaux décors sculptés, même s’ils ne rivalisent pas avec la finesse exceptionnelle de Banteay Srei ou l’ampleur narrative des bas-reliefs d’Angkor Wat.

L’intérêt se trouve plutôt dans les détails : linteaux, frontons, encadrements, motifs végétaux, figures mythologiques, divinités et éléments décoratifs encore visibles sur certaines parties du temple. Le site demande donc une observation patiente, sans attendre un choc visuel immédiat.
Les scènes sculptées permettent de retrouver l’univers religieux de l’Angkor classique. Comme souvent, les récits hindous, les figures divines et les motifs protecteurs accompagnent l’entrée dans les espaces sacrés. Les portes et les linteaux ne sont pas de simples éléments architecturaux : ils marquent des seuils, encadrent la progression et donnent au temple sa dimension symbolique.

Ce décor assez bien conservé par endroits fait partie du charme du lieu. Banteay Samré ne s’impose pas par une image unique. Il se découvre davantage par petites touches.
Banteay Samré est souvent moins fréquenté que les grands temples du petit circuit, du grand circuit ou des sites très célèbres comme Banteay Srei. Cette relative tranquillité change beaucoup l’expérience.
Lors de notre visite, il n’y avait pratiquement personne. Après plusieurs jours à Angkor, parfois dans des lieux très fréquentés, ce calme nous a fait beaucoup de bien.
Nous avons pu parcourir le temple sans nous presser, prendre quelques photos, observer les détails et profiter du silence. C’est sans doute l’un des meilleurs arguments en faveur de Banteay Samré. Ce n’est pas le temple le plus spectaculaire, mais il permet de respirer.
Dans un séjour où les visites s’enchaînent, cette qualité compte vraiment. Il faut toutefois éviter d’en faire une promesse absolue. L’affluence peut toujours varier selon l’heure, la saison ou les groupes présents, mais Banteay Samré reste généralement moins chargé que les grands incontournables du parc.
Dans notre itinéraire, Banteay Samré a eu une place particulière : c’était notre dernier temple à Angkor. Nous venions de vivre plusieurs journées très fortes : Angkor Wat, Ta Prohm, Angkor Thom, Preah Khan, Banteay Srei, Beng Mealea, sans oublier le lever du soleil du matin même.

Après tous ces grands moments, Banteay Samré ne pouvait pas vraiment rivaliser en intensité. Il ne fallait d’ailleurs pas lui demander cela. Ce que nous avons aimé, c’est justement son côté plus discret. Le temple ne cherche pas à produire un effet spectaculaire. Il se laisse parcourir calmement, avec une architecture harmonieuse, quelques beaux décors et une atmosphère paisible.
Nous y sommes restés environ 45 minutes à 1 heure. C’était suffisant pour en faire le tour sans le bâcler, prendre le temps d’observer et profiter du lieu. Ce n’est pas devenu un coup de cœur absolu, mais c’était une jolie manière de refermer notre découverte d’Angkor.
À la sortie de Banteay Samré, nous avons été confrontés pour la première fois à une scène difficile : une petite fille tentait de vendre des souvenirs aux visiteurs. Elle ne faisait pas la manche. Elle n’était pas agressive. Elle devait avoir huit ou neuf ans, peut-être à peine plus. La situation était d’autant plus marquante qu’une école se trouvait juste de l’autre côté de la route, avec une cour remplie d’enfants.
Ce type de scène met le voyageur face à un vrai malaise. Acheter peut sembler être un geste de gentillesse immédiate. Pourtant, cela encourage indirectement un système qui maintient des enfants dans la vente aux touristes plutôt qu’à l’école. Refuser n’est pas confortable, surtout lorsque l’enfant est devant vous, mais c’est généralement la position la plus responsable.
Il ne s’agit pas de juger les familles. La pauvreté, les urgences du quotidien et les logiques économiques locales rendent les situations beaucoup plus complexes qu’elles n’en ont l’air. En revanche, comme visiteurs, nous avons une responsabilité : ne pas alimenter les pratiques qui exploitent la présence des enfants sur les sites touristiques.
Ce passage a forcément teinté la fin de notre visite. Il rappelle aussi qu’Angkor n’est pas seulement un décor patrimonial. C’est un territoire vivant, traversé par des réalités sociales parfois difficiles.
Banteay Samré se trouve à l’est du cœur d’Angkor, dans un secteur que l’on peut facilement relier aux temples du Baray oriental. C’est sans doute la meilleure manière de l’intégrer dans un itinéraire : non pas comme un temple ajouté au hasard, mais comme une étape calme dans une zone où plusieurs sites permettent de comprendre l’importance de l’eau, des réservoirs et des sanctuaires périphériques à Angkor.

Dans ce secteur, on pense notamment à Pre Rup, temple-montagne associé à Rajendravarman II, à East Mebon, ancien temple insulaire construit au centre du Baray oriental aujourd’hui asséché, ou encore à Srah Srang et Banteay Kdei, situés un peu plus au sud-ouest dans une logique de visite assez cohérente. Selon le temps disponible, on peut aussi s’intéresser à des sites plus discrets comme Prasat Kravan ou Bat Chum, souvent moins visités mais intéressants pour compléter la lecture de cette zone orientale d’Angkor.
Banteay Samré peut donc s’intégrer dans une journée consacrée aux temples de l’est, surtout si vous avez déjà vu les grands incontournables. Il fonctionne bien après Pre Rup et East Mebon, ou comme visite plus paisible en fin de matinée ou en fin d’après-midi. Son atmosphère calme contraste agréablement avec les temples plus fréquentés du petit circuit et du grand circuit.

Pre Rup et East Mebon, deux temples-montagnes facilement combinables avec Banteay Samré
Il peut aussi compléter une journée plus légère, comme nous l’avons fait après un lever de soleil à Angkor Wat. Dans ce cas, il permet de prolonger la matinée sans repartir dans un programme trop lourd. Le temple se prête bien à une visite d’environ 45 minutes à 1 heure, ce qui laisse de la souplesse dans l’organisation.
En revanche, nous éviterions de l’ajouter à une journée déjà très chargée avec Angkor Thom, Ta Prohm ou Preah Khan. Banteay Samré mérite mieux qu’un passage expédié en fin de circuit. Il trouve surtout sa place dans un itinéraire plus long, lorsque l’on commence à explorer Angkor par secteurs plutôt que par simple liste d’incontournables.
Oui, mais pas pour tout le monde ni dans tous les itinéraires.
Si vous ne passez qu’un ou deux jours à Angkor, Banteay Samré n’est clairement pas prioritaire. Il y a trop de temples majeurs à voir avant lui. Il serait dommage de sacrifier Angkor Wat, le Bayon, Ta Prohm, Preah Khan, Banteay Srei ou même Beng Mealea, plus éloigné, pour l’intégrer à tout prix.
En revanche, si vous restez plusieurs jours à Siem Reap, il devient intéressant. Il permet de compléter la découverte d’Angkor avec un temple plus calme, plus secondaire, mais agréable et bien conservé. Il montre aussi qu’Angkor ne se résume pas à quelques monuments iconiques.
Nous le recommanderions particulièrement :
Banteay Samré n’est pas un indispensable absolu. Mais dans un itinéraire un peu plus long, il trouve très bien sa place.
Nom du site : Banteay Samré / Prasat Banteay Samré
Emplacement : À l’est du parc d’Angkor, non loin de l’ancien Baray oriental, à l’écart des circuits les plus fréquentés.
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Accès : Banteay Samré se visite avec l’Angkor Pass. Il n’existe pas de billet séparé pour ce temple.
Prix du pass Angkor
Horaires : Les temples du parc d’Angkor sont généralement accessibles de 7 h 30 à 17 h 30, sauf exceptions spécifiques comme Angkor Wat pour le lever du soleil. Vérifiez toujours les horaires actualisés au moment de votre visite.
Durée de visite conseillée : Comptez environ 45 minutes à 1 heure. La visite est assez courte, mais il vaut mieux prendre le temps de parcourir les enceintes, d’observer les sculptures et de profiter du calme du site.
Difficulté : Aucune difficulté majeure. Le temple se visite facilement, même s’il faut toujours faire attention aux marches, aux pierres irrégulières et aux passages anciens.
À prévoir : De l’eau, un chapeau, de bonnes chaussures et un peu de temps si vous aimez observer les détails sculptés. La zone peut être chaude et assez exposée.
Meilleur moment pour visiter : Plutôt le matin ou en fin d’après-midi, pour éviter les heures les plus chaudes. Le temple étant généralement plus calme, l’affluence est moins problématique que sur les grands incontournables.
À savoir avant d’y aller : Banteay Samré est un temple secondaire dans un itinéraire à Angkor. Il est surtout intéressant si vous avez déjà vu les grands sites et que vous souhaitez ajouter une visite paisible, à l’écart des foules.
Banteay Samré a été pour nous une jolie dernière visite à Angkor.
Ce n’est pas le temple qui nous a le plus marqués, et ce n’est pas celui que nous conseillerions en priorité à quelqu’un qui découvre Angkor en peu de temps. Après Angkor Wat, Ta Prohm, le Bayon, Preah Khan, Banteay Srei ou Beng Mealea, il paraît forcément plus discret.
Pourtant, nous avons aimé le moment. Le calme du site, son architecture harmonieuse et son côté moins fréquenté ont donné à cette visite une douceur particulière. Après plusieurs jours intenses, c’était agréable de terminer par un temple que l’on peut parcourir sans pression.
Banteay Samré n’est donc pas un incontournable absolu, mais il mérite sa place dans un séjour un peu plus long. Il rappelle qu’Angkor ne se limite pas aux grands monuments célèbres. Certains temples plus secondaires offrent aussi de beaux instants, surtout lorsqu’ils arrivent au bon moment dans le voyage.
Pour nous, il restera associé à la fin de notre parenthèse à Siem Reap : une visite calme, un peu mélancolique, avant de quitter Angkor et de reprendre la route vers une nouvelle étape du voyage.
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