17/02/2026 : lever de soleil à Angkor Wat, Banteay Samré et dernier soir à Siem Reap

Une dernière journée à Siem Reap

Ce 17 février 2026 marque notre dernière journée complète à Siem Reap.

Après plusieurs jours très denses autour des temples d’Angkor, nous n’avons pas prévu un programme trop chargé. Une idée s’est tout de même imposée la veille : tenter le lever de soleil à Angkor Wat.

Au départ, nous n’étions pas spécialement certains de vouloir vivre ce moment. Les images de foules compactes vues sur les réseaux nous avaient un peu refroidis. Puis, comme cette journée était plus libre, nous nous sommes dit que ce serait dommage de ne pas au moins essayer, sans pour autant arriver sur place en pleine nuit comme le font certains pour être sûrs d'avoir une place de choix. 

Départ dans le noir vers Angkor Wat

Ce matin-là, nous ne prenons pas le petit déjeuner à l’hôtel avant de partir. Sitôt la douche prise, nous filons à la réception récupérer les clés du scooter.

Nous avons volontairement choisi de partir un peu plus tard que ce qui est généralement recommandé pour assister au lever du soleil à Angkor Wat. Ce n’est pas un oubli, c’est un choix. Dans le pire des cas, nous l'assumerions.

Nous quittons l’hôtel alors qu’il fait encore complètement noir. La route vers Angkor Wat se passe bien, mais une fois arrivés sur place, il faut encore comprendre où nous garer. Les gardiens du site semblent assez nerveux. Ils pensent même, à un moment, que nous allons nous garer à un endroit inapproprié, alors que nous cherchons simplement notre chemin.

John finit par me déposer près de la barrière d’entrée du site, au début de la longue allée côté ouest, avant de repartir seul en quête d’un parking.

6 heures... John est parti garer le scooter et j'aperçois le temple qui commence à se dessiner au loin. Pourvu que l'on n'arrive pas trop tard ! 

Il est un peu plus de 6 heures. Les premières lueurs de l’aube commencent à apparaître, et le temps me semble durer une éternité. Je crains vraiment que nous arrivions trop tard. Finalement, John me rejoint. Nous présentons nos pass. C’est d’ailleurs bon à savoir : même si l’on vient uniquement pour le lever du soleil, sans visiter le temple ensuite, il faut tout de même présenter son pass Angkor.

Angkor Wat dans les couleurs du matin

Nous avançons jusqu’aux bassins face au temple. Il est environ 6h15. Il y a du monde, bien sûr, mais beaucoup moins que ce à quoi nous nous attendions. 

Petit à petit, la silhouette d’Angkor Wat se découpe dans le ciel. Timidement d’abord.

Puis le ciel vire au mauve, au rose...

...avant de prendre une teinte orange doré, tandis que les premiers détails du temple apparaissent.

Une fois que les couleurs du ciel commencent à changer, tout va très vite. Le spectacle vaut vraiment le détour. 

Nous n’aurons pas la photo iconique parfaite, celle où les tours se reflètent dans une eau totalement immobile. Une légère brise fait bouger la surface des bassins. Ce n’est pas grave. Se retrouver face à ce monstre sacré dans les couleurs du soleil levant reste un moment unique.

Nous ne regrettons franchement pas de l’avoir fait. Avec le recul, nous avons probablement eu beaucoup de chance. La baisse de fréquentation touristique, sans doute liée en partie au conflit avec la Thaïlande, nous a permis d’assister à ce lever de soleil dans des conditions bien plus agréables que celles que l’on voit parfois circuler en photo.

Un public finalement bien peu nombreux. 

Retour à l’hôtel pour le petit déjeuner

Une fois le soleil levé, nous décidons de retourner à l’hôtel. Nous sommes encore dans les heures de service du petit déjeuner, ce qui tombe très bien. Après ce départ matinal, prendre le temps de manger tranquillement nous fait du bien. 

La journée est encore largement devant nous, et nous cherchons ce que nous pourrions faire ensuite. J’avais envisagé le Baray occidental, mais ce que nous voyons en ligne ne nous attire pas plus que cela. En plus, il semble plutôt conseillé d’y aller en fin de journée. Nous changeons donc d’idée.

Ce sera Banteay Samré.

Banteay Samré, dernier temple de notre séjour à Angkor

Banteay Samré sera donc le dernier temple que nous visiterons sur le site d’Angkor.

Situé à l’écart des grands circuits les plus fréquentés, ce temple du XIIe siècle est généralement associé au règne de Suryavarman II, le roi d’Angkor Wat. Son architecture rappelle d’ailleurs certains codes de cette période : galeries, enceintes, tours, douves et décor sculpté relativement bien conservé.

Ce n’est pas, à nos yeux, un temple prioritaire si l’on dispose de peu de temps à Angkor. Il ne possède ni l’effet spectaculaire d’Angkor Wat, ni l’atmosphère de Ta Prohm, ni la finesse exceptionnelle de Banteay Srei.

Pourtant, il mérite l’arrêt si l’on a un peu plus de marge. Son grand avantage, c’est son calme. Lorsque nous arrivons, il n’y a pratiquement personne. Après plusieurs jours de temples parfois très fréquentés, cette tranquillité est un vrai plaisir.

Une visite secondaire, mais agréable

Nous restons environ 45 minutes à une heure à Banteay Samré.

Le temple est agréable à parcourir, avec une architecture harmonieuse, certaines sculptures bien conservées et une atmosphère paisible. Le silence du lieu joue beaucoup dans notre ressenti.

Ce n’est pas un coup de cœur absolu, mais une jolie dernière visite. Un temple secondaire, oui, mais qui clôt notre découverte d’Angkor sur une note douce, loin de la foule.

Après les géants des jours précédents, Banteay Samré a quelque chose de plus discret qui ne demande qu'à se laisser simplement découvrir.

L’enfant vendeuse à la sortie du temple

À la sortie, nous tombons pour la première fois sur une petite fille qui tente de vendre des souvenirs aux visiteurs.

Elle ne fait pas la manche. Elle n’est pas agressive. Elle doit avoir huit ou neuf ans, peut-être à peine plus. Elle est là, avec ses babioles, devant un temple où passent quelques touristes. La scène est difficile. 

Il faut pourtant rester inflexible. Nous n’achetons rien, non par indifférence, mais parce que nous savons que ce type d’achat encourage indirectement les familles à garder les enfants dans ces activités plutôt qu’à l’école. C’est extrêmement dur à faire quand l’enfant est devant vous, avec son regard, sa voix, son insistance discrète.

Le plus ironique, c’est qu’une école se trouve juste de l’autre côté de la route, avec une cour remplie d’enfants.

Il serait trop facile de juger les parents. La réalité est souvent beaucoup plus complexe. Dans des familles très pauvres, la scolarité n’est pas toujours perçue comme une priorité immédiate lorsqu’il faut d’abord nourrir tout le monde. Il n’y a pas si longtemps, certaines familles cambodgiennes confiaient même un enfant à des orphelinats peu scrupuleux, attirées par une compensation financière ou par la promesse d’une meilleure éducation, afin de pouvoir subvenir aux besoins du reste de la fratrie.

Envoyer un enfant vendre des souvenirs devant un temple peut alors sembler, à leurs yeux, un moindre mal. Cela ne veut pas dire qu’il faut l’encourager. Au contraire. Comme voyageurs, notre responsabilité est aussi là : résister à l’émotion immédiate pour ne pas alimenter un système qui maintient les enfants hors de l’école.

Ce n’est pas confortable. C’est même franchement pénible. C’est pourtant nécessaire.

Une fin de matinée un peu flottante

Après Banteay Samré, nous retournons vers l’hôtel. Nous tentons bien de faire encore un petit tour dans le quartier, mais le cœur n’y est plus vraiment. Après une semaine entière à Siem Reap, nous avons pris nos marques. Nous avons nos habitudes, nos repères, notre hôtel, nos trajets, nos petites routines.

Vue sur le quartier depuis le solarium de notre hôtel.

L’heure du départ approche. Nous sommes à la fois tristes et excités. Tristes de quitter un endroit où nous nous sommes sentis particulièrement bien. Excités de poursuivre le voyage vers une nouvelle étape. Ce mélange est toujours étrange. On sait qu’il faut partir, on a envie de découvrir la suite, et pourtant une partie de nous voudrait rester encore un peu.

Bagages, souvenirs et piscine

Il est temps de rassembler nos affaires. Nous empaquetons soigneusement les souvenirs achetés pendant le séjour, surtout ceux que nous avons rapportés de l’hôtel, pour éviter qu’ils ne s’abîment dans la nouvelle valise. Cette valise achetée à Siem Reap trouve immédiatement son utilité.

Nous profitons aussi encore un peu de la piscine. À l’étape suivante, à Kratie, nous n’en aurons pas. Autant savourer une dernière fois ce confort avant la longue journée de route qui nous attend.

Un dernier dîner à l’hôtel

Le soir, nous décidons de ne pas nous compliquer la vie. Nous dînerons une dernière fois à l’hôtel. À notre grande surprise, le personnel nous explique qu’une autre partie du restaurant est ouverte dans les jardins arrière. 

Ce n’est pas un second restaurant à proprement parler, mais plutôt un espace plus intime, totalement différent de la salle principale. Nous nous laissons guider. 

Le lieu est splendide ! Le jardin est encore décoré pour le Nouvel An chinois. L’espace est ouvert, raffiné, calme, presque confidentiel. Tout invite à la flânerie. Nous aurions pu nous installer dans la salle ouverte, mais nous préférons dîner dehors, dans le jardin. 

Ce décor nous donne encore moins envie de partir.

Cocktails, canard et vin rouge

Nous commençons par deux cocktails, puis nous partageons des rouleaux de printemps.

Pour le plat, nous choisissons tous les deux du canard, préparé dans un esprit plutôt occidental, avec une sauce au poivre, des légumes frais et des gousses d’ail entières cuites avec la peau. C’est surprenant, mais très bon.

Nous prenons aussi du vin rouge. C’est un détail, mais il nous a marqués pendant le voyage : autant en Thaïlande nous n’avions quasiment jamais consommé de vin, souvent cher si l’on voulait quelque chose de correct, autant au Cambodge les prix nous ont semblé beaucoup plus raisonnables. La qualité était tout à fait correcte, souvent avec des vins australiens bien choisis.

Pour ce dernier dîner à Siem Reap, ce verre de vin avait donc un petit goût de conclusion.

Dernière nuit avant la route

Après le dîner, nous rejoignons notre chambre.

Le lendemain s’annonce long. Très long. Nous devons quitter Siem Reap pour rejoindre Kratie, avec un trajet en van partagé. Ce sera une première pour nous depuis le début du voyage, et probablement beaucoup moins reposant que les transferts privés ou les trajets en bateau que nous avons connus jusque-là.

Cette dernière soirée à l’hôtel referme doucement notre parenthèse à Siem Reap. Nous avons passé ici une semaine entière. Nous avons découvert Angkor, bien sûr, mais aussi des restaurants, des marchés, des rues, des chauffeurs, des enfants, des sourires, des imprévus, et surtout un hôtel où nous nous sommes sentis presque chez nous.

Le départ nous serre un peu le cœur. Demain, la route reprend.