
Phnom Sampeau fait partie des visites les plus connues autour de Battambang. Beaucoup de voyageurs y viennent pour voir les chauves-souris quitter leur grotte au coucher du soleil. Ce spectacle très populaire n’est pourtant qu’une partie de ce que le site a à offrir.
En réalité, Phnom Sampeau est un lieu bien plus complexe que cela, notamment parce qu'il est indissociable du régime khmer rouge mais pas uniquement, et c’est précisément ce qui rend la visite marquante. Ce n’est pas une sortie légère, mais ce n’est pas non plus une visite pesante du début à la fin.

Depuis la montée, les vues sur la campagne rappellent que Phnom Sampeau ne se résume pas à son passé tragique.
Lors de notre passage, nous avons choisi de visiter Phnom Sampeau le matin, en faisant l’impasse sur le spectacle des chauves-souris. Ce choix nous a permis de découvrir le site dans une ambiance plus calme, mais aussi de mieux mesurer sa dimension historique et mémorielle. Nous en sommes ressortis convaincus que c’est une visite importante à Battambang, d’autant qu’elle se rééquilibre au fil de la montée grâce au temple, aux points de vue et à la présence des singes.
Phnom Sampeau est l’un des sites les plus connus des environs de Battambang. Sa notoriété ne tient pas seulement à son cadre ou à la sortie des chauves-souris. Le lieu est aussi associé à la mémoire des massacres commis sous le régime khmer rouge. Les Killing Caves, situées sur le flanc de la colline, donnent à la visite une portée bien plus profonde qu’un simple arrêt panoramique.
C’est ce qui rend Phnom Sampeau si particulier : on ne visite pas seulement un temple ou un belvédère. On découvre un site à plusieurs dimensions, où se croisent spiritualité, nature, histoire violente et vie locale.
Le nom de Phnom Sampeau est souvent traduit par “montagne-bateau”, en référence à sa forme.

Le nom de Phnom Sampeau, souvent traduit par “montagne-bateau”, se retrouve dès l’entrée du site, marquée par une arche surmontée d’un navire.
Les sources touristiques cambodgiennes le présentent comme l’un des sites emblématiques de la région, avec une colline d’environ 100 mètres de haut, des temples et des cavités naturelles.
Le site se découvre progressivement. En montant, on croise d’abord l’accès vers les Killing Caves, puis les espaces religieux, les vues dégagées sur la campagne et, selon l’heure, les zones d’observation liées à la Bat Cave.
Lors de notre visite, ce sont d’abord les Killing Caves qui nous ont frappés. Avant même de descendre dans les grottes, plusieurs sculptures modernes représentant des scènes de torture donnent le ton.

Non loin des Killing Caves, des sculptures rappelant les peintures de Vann Nath à S21, décrivent les tortures perpétrées par les Khmers rouges.
La descente elle-même n’a rien d’une visite plaisante. Le lieu impressionne surtout par ce qu’il oblige à imaginer. L’intérieur nous a paru sombre, lourd, presque étouffant. Certains restes humains visibles dans le mémorial renforcent encore cette impression. Ce n’est pas une étape agréable, mais elle nous a semblé importante.

La descente vers les Killing Caves impose presque le silence. À gauche de l’escalier, on aperçoit la cavité dans laquelle les victimes étaient précipitées.
En poursuivant la montée, l’atmosphère change nettement. Le site devient plus lumineux, plus vivant, presque plus apaisant. Le temple au sommet est beau, les points de vue sur la campagne sont vraiment agréables, et la présence des macaques vient donner une autre énergie à l’ensemble. C’est justement ce contraste qui nous a marqués. La première partie confronte à quelque chose de dur, puis la suite rééquilibre la visite.
Oui, car elles font partie de ce qui donne à Phnom Sampeau sa vraie portée. Sans elles, la visite resterait intéressante, mais elle perdrait une grande partie de sa profondeur. Il ne faut toutefois pas s’attendre à un lieu de mémoire muséographié ou très encadré. L’ensemble est plus brut, plus direct, parfois plus dérangeant aussi. C’est précisément ce qui le rend marquant.

Au bas des marches menant aux grottes, un sanctuaire accueille le visiteur avec un bouddha couché. Sur la droite, un mausolée expose quelques restes humains, dont nous ne montrerons pas la photo ici, par pudeur.
Plusieurs sources historiques et touristiques rappellent que des victimes y ont été exécutées ou jetées dans les cavités pendant cette période. Aujourd’hui encore, le site conserve une forte charge mémorielle. La visite n’est pas agréable dans cette première partie, mais elle nous a semblé importante. Elle aide à comprendre que Phnom Sampeau n’est pas un simple arrêt “nature” ou “vue panoramique”. C’est un lieu où l’histoire violente du Cambodge reste présente.
Pour des voyageurs qui ont déjà visité S21 ou les Killing Fields à Phnom Penh, Phnom Sampeau prolonge cette confrontation avec l’histoire cambodgienne dans un cadre tout à fait différent. Ici, la mémoire surgit au milieu d’un site encore vivant, religieux et fréquenté.
La force de Phnom Sampeau tient aussi au fait que le site ne se réduit pas à cette première impression très sombre. En poursuivant la montée, l’atmosphère change nettement. Le temple au sommet est beau, les vues sur la campagne sont superbes et la présence des singes apporte une autre énergie à la visite.

C’est justement ce contraste qui nous a marqués. La première partie de la montée est la plus lourde sur le plan émotionnel. Ensuite, le site devient plus lumineux, plus vivant, presque apaisant par moments. Cette progression rend la visite plus équilibrée qu’on pourrait le croire en lisant uniquement le nom des Killing Caves.
Les deux options existent, mais elles ne correspondent pas au même type de visite. Lors de notre passage, nous sommes montés par la route. S’il existe aussi des marches sur certaines sections, nous ne les avons pas trouvées comme axe principal de montée. Nous n’avons surtout vu que quelques marches menant des sculptures vers un grand Bouddha doré.

La montée à pied est faisable, même sans être très sportif, mais elle demande tout de même un petit effort. Pour nous, la portion la plus physique a été celle qui va du parking jusqu’à la première pagode près des sculptures de torture.

Une première pagode jalonne la montée avant d’atteindre le sommet.

C’est là qu’il faut fournir l’effort le plus continu et reprendre son souffle si besoin. Ensuite, la visite devient plus progressive, car on croise les points d’intérêt au fur et à mesure et les efforts sont moins longs, moins continus et moins intenses.

La pagode située au sommet vaut à elle seule une partie de l’ascension. C’est l’une des plus jolies que nous ayons vues au Cambodge.
Une montée en 4x4 est également proposée sur place. Notre forme physique ne nécessitant pas un tel service, et étant donné son côté onéreux, nous n’avons pas retenu cette option.

La portion la plus raide se situe au départ, depuis le parking. Ensuite, la montée reste globalement accessible, avec des pentes plus douces et des étapes fréquentes.
Si, comme nous, vous choisissez de visiter le site au matin pour éviter les fortes chaleurs et l'affluence, la question peut se poser. Pour beaucoup de voyageurs, la réponse est oui. C’est l’un des grands motifs de visite et l’une des images les plus connues de Battambang. De notre côté, nous avons choisi de ne pas attendre ce moment, car nous avions déjà vécu une expérience similaire en Thaïlande. Cela dit, si vous ne l'avez jamais observé, ce spectacle vaut largement le détour. Il faut simplement garder en tête que Phnom Sampeau ne se résume pas à cela, et qu’une visite en journée a aussi beaucoup d’intérêt.

À droite de la fresque se trouve l’ouverture par laquelle les chauves-souris s’élancent à la tombée de la nuit. À l’aube, on peut aussi assister à leur retour vers la grotte. après une longue nuit de chasse dans la campagne.
Si vous avez un scooter et pouvez vous déplacer librement, rien ne vous empêche d'ailleurs de visiter le site en journée, puis d’y revenir au coucher du soleil pour assister à la sortie des chauves-souris. Il faut toutefois tenir compte du fait que le retour vers Battambang se fera alors dans l’obscurité, avec les risques que cela peut comporter sur la route. Pour un voyageur débutant, ce point mérite d’être pris en compte avant de décider de revenir sur le site le soir.

Localisation : situé à environ 12 km au sud-ouest de Battambang, le long de la route 57.
Cliquez sur la carte pour ouvrir l'itinéraire Google Maps.
Temps de visite : environ 2 à 3 heures pour découvrir le site sans vous presser. Prévoyez davantage si vous souhaitez revenir ou rester pour observer la sortie des chauves-souris.
Prix d’entrée : Lors de notre visite (février 2026), nous avons payé 1 dollar par personne, à un poste de paiement situé avant l’arrivée sur le parking.
Accès : Le plus simple est de prévoir un tuktuk, un chauffeur ou votre propre scooter. Compter uniquement sur une réservation de retour une fois sur place n’est pas forcément l’option la plus rassurante hors du centre de Battambang, car les tuktuks sont rares dans le coin. Votre chauffeur de tuktuk vous proposera même probablement de vous attendre.
Montée : La montée à pied est faisable, mais la première partie est la plus physique. Le reste se fait plus facilement car les points d’intérêt jalonnent le parcours.
À prévoir : De l’eau, de bonnes chaussures et de la prudence avec les singes. Mieux vaut éviter de garder de la nourriture visible ou des objets faciles à attraper à la main. Un peu avant la pagode au sommet, vous trouverez aussi de nombreux marchands de boissons fraîches et d'en-cas.

Les singes sont très habitués à la présence humaine. Mieux vaut éviter de montrer de la nourriture ou de tenter de la récupérer s’ils s’en emparent.
Oui, selon nous, Phnom Sampeau fait partie des visites les plus importantes à Battambang.
Pas parce que tout y serait agréable du début à la fin. Pas non plus parce que le site serait uniquement spectaculaire. Cette visite compte surtout parce qu’elle rassemble plusieurs dimensions du Cambodge dans un même lieu : la spiritualité, la campagne, la mémoire des Khmers rouges, la vie locale et, pour ceux qui y (re)viennent en fin de journée, le spectacle très connu des chauves-souris.

C’est une visite que nous recommandons clairement, à condition d’y aller en sachant ce qu’elle est vraiment. Phnom Sampeau n’est pas un simple joli point de vue. C’est un site contrasté, parfois lourd, parfois très beau, et bien plus riche qu’il n’y paraît.
Phnom Sampeau fait partie, selon nous, vous l'aurez compris, des visites importantes voire indispensables à Battambang. Pas parce que le site serait uniquement beau ou spectaculaire, ni parce qu’il offrirait seulement un grand moment autour des chauves-souris, mais parce qu’il rassemble plusieurs dimensions qui donnent de l’épaisseur à un séjour dans la région.
Le lieu nous a marqués par son contraste. Les Killing Caves laissent une impression lourde. Puis la visite se rééquilibre avec un temple agréable, de beaux panoramas et la présence des singes, qui rendent l’ensemble plus vivant et plus nuancé.
Nous le recommanderions donc sans hésiter à des voyageurs qui veulent comprendre un peu mieux Battambang et le Cambodge, au-delà des images les plus attendues. Il faut simplement y aller en sachant que la visite peut être à la fois belle, éprouvante et marquante.