On pense souvent que les dates d’un grand voyage se décident en fonction du prix des billets d’avion, de la météo, des congés disponibles ou de l’itinéraire.
Chez nous, il existe un critère encore plus important.
Nos chiens.
Lorsque je vous ai annoncé notre prochain voyage au Laos, tout était encore organisé autour d’un départ en novembre 2027. L’itinéraire avait même déjà pris une forme assez précise : quatre semaines pour relier le Nord aux 4 000 îles, avec quelques compromis soigneusement choisis pour conserver notre façon de voyager.
Depuis, un élément beaucoup plus terre-à-terre est venu rebattre les cartes : la personne qui s’occupe habituellement de nos chiens ne pourra pas les garder à la période prévue.
Pour nous, la question s’arrête là.
Nous n’allons pas chercher une autre pension ou une solution de remplacement uniquement pour sauver novembre à tout prix. Si nos chiens ne peuvent pas être gardés dans les conditions qui nous conviennent, nous ne partons pas à cette date.
Le Laos, lui, ne disparaît pas du programme. Il change simplement de place dans le calendrier.
J’aurais évidemment pu retourner discrètement dans l’article précédent et remplacer « novembre 2027 » par « janvier 2028 ». Je ne le ferai pas. Au moment où cet article a été publié, novembre 2027 était réellement notre projet. Modifier le texte aujourd’hui donnerait l’impression que cette étape de la préparation n’a jamais existé.
Or c’est justement tout l’intérêt de cette partie du blog.
La préparation d’un voyage n’est pas une succession de décisions parfaites qui s’emboîtent dès le premier jour. Certaines idées évoluent, des contraintes apparaissent, un itinéraire change et quelques certitudes finissent parfois à la poubelle.
Cet article est donc simplement l’épisode suivant.
Novembre 2027 était vrai lorsque je vous l’ai annoncé. En ce début d’octobre 2026, la nouvelle version du projet est désormais : Laos, janvier 2028.
Une fois novembre écarté, deux possibilités restaient sur la table.
Nous pouvions avancer le voyage à octobre 2027 ou le reporter à janvier 2028.
Décembre aurait pu, sur le papier, constituer un joli compromis entre les deux. Dans la réalité, cette option n’en est pas une pour nous : avec le métier de John, les fêtes de fin d’année correspondent précisément à une période pendant laquelle il ne peut pas prendre quatre semaines de congé.
Le choix se résumait donc réellement à octobre ou janvier. La question ici n’était pas de savoir si nous aurions suffisamment de temps pour préparer le voyage. La préparation a déjà commencé et, même avec un départ en octobre 2027, nous aurions eu environ un an devant nous.
Le véritable sujet était ailleurs : dans quelles conditions avions-nous envie de découvrir le Laos ?
Octobre avait de sérieux arguments.

La saison des pluies touche alors à sa fin, la végétation reste très verte, les rivières et cascades sont davantage alimentées et les paysages promettent d’être particulièrement photogéniques.
Les rizières auraient également constitué un énorme avantage pour nous. Selon les régions et l’avancement des récoltes, nous aurions encore pu trouver des parcelles vertes ou dorées, précisément ce genre de paysages que j’aime photographier en Asie.
Sur ce point, janvier part clairement avec un désavantage : la grande récolte de riz de saison humide se déroule essentiellement entre octobre et novembre. En janvier, la plupart de ces paysages auront déjà changé de visage.
Pour la photographie, octobre m’attirait donc davantage.
La contrepartie, c’est que la fin de saison humide reste… une fin de saison humide. Des averses sont encore possibles. Certaines pistes peuvent rester grasses, les sentiers plus glissants et les routes de montagne peuvent ponctuellement être affectées par les fortes pluies des semaines précédentes.
Or nous comptons justement louer des scooters à plusieurs étapes du voyage. Cela change beaucoup notre façon d’évaluer la météo. Une averse lorsque l’on passe la journée dans une ville n’est pas bien gênante. La même averse sur une route de montagne, avec chaussée détrempée ou risque de glissement de terrain, nous enthousiasme nettement moins.
C’est finalement là que janvier a pris l’avantage.

Le Laos sera alors installé depuis plusieurs semaines dans la saison sèche. Sur notre itinéraire, les précipitations moyennes sont nettement plus faibles qu’en octobre : autour de 15 mm à Luang Prabang, 8 mm à Nong Khiaw, 9 mm à Vang Vieng et pratiquement rien à Champassak selon les données touristiques officielles.
Cela ne garantit évidemment pas quatre semaines de ciel bleu, mais les conditions devraient être plus favorables pour ce que nous avons prévu : trajets en scooter, randonnées, routes de montagne et nombreux déplacements entre les étapes. C’est précisément ce que nous recherchons : pas une météo parfaite, mais une météo qui nous oblige le moins possible à surveiller le ciel avant chaque sortie.
Cette tranquillité aura toutefois un prix : janvier ne nous offrira pas le même Laos qu’octobre.
Dans le Nord, les températures seront plus fraîches, particulièrement tôt le matin et en soirée. À Luang Prabang, Nong Khiaw et Muang Ngoi, les journées devraient rester agréables, mais il faudra prévoir quelques vêtements chauds. Les informations touristiques de Luang Prabang signalent d’ailleurs qu’en janvier et février, certaines matinées peuvent donner une vraie sensation de froid.
Le contraste devrait être assez marqué avec le Sud, où Champassak et les 4 000 îles resteront nettement plus chauds.
Nos valises devront donc probablement être pensées pour deux ambiances climatiques assez différentes au cours d’un même voyage.
Le principal compromis sera sans doute visuel. En janvier, les paysages devraient être moins luxuriants, les niveaux d’eau plus bas et certaines cascades moins impressionnantes.
Je garde un petit regret pour les rizières, mais il faudra accepter de découvrir un autre visage du Laos. La lumière, les reliefs et les scènes de vie nous donneront certainement bien d’autres raisons de sortir les appareils photo.
Janvier fait également partie des périodes les plus appréciées pour voyager au Laos.
Le climat sec et les températures généralement agréables attirent naturellement davantage de visiteurs. Les chiffres officiels de 2026 montrent d’ailleurs que janvier avait été le mois ayant accueilli le plus de touristes au cours du premier trimestre.
Nous devrons donc probablement anticiper davantage certains hébergements et transports, surtout dans les étapes les plus populaires comme Luang Prabang.
Voilà qui devrait au moins satisfaire mon besoin maladif de préparer les choses bien à l’avance.
Au final, c’est donc janvier 2028 qui correspond le mieux à notre manière de voyager : un peu moins spectaculaire peut-être, mais plus serein pour tout ce que nous avons prévu sur place.
Le changement de période aura aussi une conséquence très concrète sur l’itinéraire.
Vous vous souvenez peut-être du petit casse-tête qui avait rythmé sa construction : le vol direct entre Luang Prabang et Pakse.
À l’heure où j’écris ces lignes, Lao Airlines assure toujours cette liaison trois jours par semaine : le mardi, le jeudi et le samedi. C’est précisément cette fréquence qui nous avait obligés à positionner très soigneusement notre passage du Nord vers le Sud.
Le problème est assez simple : le programme des vols de janvier 2028 n’existe pas encore. Impossible donc de savoir si ces trois jours seront toujours les mêmes. Lorsque Lao Airlines publiera ses horaires pour l’hiver 2027-2028, il faudra reprendre le puzzle et vérifier que notre itinéraire tient toujours debout. Quelques jours pourraient éventuellement glisser d’une étape à l’autre.
Le principe général, lui, ne devrait pas bouger.
Nous avons prévu de rejoindre Muang Ngoi en bateau depuis Nong Khiaw. Un service quotidien est actuellement annoncé, et cette traversée fait partie des expériences que nous aimerions conserver.
À ce stade, je n’ai pas de raison précise de penser que le niveau de la Nam Ou compromettra ce trajet en janvier. Je vérifierai simplement les conditions de navigation et les départs à l’approche du voyage : un service annoncé aujourd’hui reste à reconfirmer pour janvier 2028.
Bo pen nyang… Je commence déjà à m’entraîner.
Pour le moment, aucune raison de revoir notre circuit. Nous conservons donc l’idée générale :
Vientiane → Vang Vieng → Luang Prabang → Nong Khiaw → Muang Ngoi → retour à Luang Prabang → Champassak → Don Khone → Pakse.
Toujours sur environ quatre semaines. Les nuits tampons prévues avant certains transferts importants restent également d’actualité. Elles devraient même prendre encore davantage de sens lorsque nous aurons les horaires définitifs.
Le détail des dates devra évidemment être recalculé une fois la fenêtre exacte de janvier fixée et les vols connus. Les grandes lignes, elles, restent celles que nous avions construites.
La date change. Pas le voyage dont nous avons envie.
Finalement, ce petit changement de programme illustre assez bien une réalité dont on parle peu lorsque l’on prépare un long voyage.
On passe des heures à comparer des hôtels. On étudie les vols. On vérifie les visas, la météo, les trains, les distances, les activités et les itinéraires.
Pourtant, ce qui détermine réellement la date du départ peut parfois se trouver… dans votre salon. Pour nous, quatre semaines loin de la maison ne sont envisageables que si nous savons nos chiens entre de bonnes mains.
Cette contrainte n’est ni frustrante ni négociable. Elle fait simplement partie de notre façon d’organiser les voyages.
Janvier 2028 nous demandera quelques ajustements, un pull supplémentaire et probablement encore quelques tableaux Excel.
En échange, nous gagnerons quelque chose qui compte beaucoup plus pour nous : partir l’esprit tranquille. Le Laos peut bien nous attendre deux mois de plus.