08 Sep
08Sep

Dans le précédent article, je vous annonçais que notre prochain voyage nous conduirait finalement au Laos en novembre 2027.

La destination était choisie. Restait un tout petit détail à régler : l’itinéraire.

Sur le papier, pourtant, j’avais déjà largement travaillé le sujet. Le Laos devait simplement faire l’objet de deux voyages distincts d’environ un mois : un premier consacré essentiellement au Nord, puis un second pour explorer davantage le centre et le Sud.

Cette belle organisation s’est quelque peu compliquée lorsque notre sentiment d’urgence s’est concentré précisément sur deux régions situées presque aux deux extrémités du pays : le Nord et les 4 000 îles.

Notre défi est donc devenu assez clair : comment relier les deux en quatre semaines sans transformer le voyage en marathon ?

Non, nous n’allons pas essayer de « faire tout le Laos »

La première décision a justement été de ne pas tomber dans ce piège.

Quatre semaines peuvent sembler longues. Elles le sont nettement moins lorsque l’on regarde la forme du Laos sur une carte et que l’on commence à additionner les temps de trajet. 

Surtout, nous n’avons aucune envie de passer quatre semaines à arriver quelque part le soir pour repartir le lendemain matin. Certaines étapes initialement prévues ont donc disparu de ce premier itinéraire.

La Plaine des Jarres attendra. La boucle de Thakhek aussi. Même sort pour la boucle des Bolovens, pourtant située dans le Sud. 

La Plaine des Jarres, site archéologique souvent oublié par les touristes et situé au centre-nord du Laos, l'un de nos sacrifices sur ce premier voyage - Photo : Jakub Hałun, Licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Ce ne sont pas des renoncements définitifs. L’idée d’un deuxième voyage au Laos reste bien présente et, d’ici là, ce premier séjour aura probablement lui-même modifié nos plans. Certains endroits nous donneront peut-être envie de revenir. D’autres découvertes s’ajouteront certainement à la liste. Nous regretterons peut-être aussi de ne pas avoir consacré davantage de temps à une étape.

Pour une fois, je vais donc essayer de ne pas organiser le deuxième voyage avant d’avoir vécu le premier !

Le vrai casse-tête : passer du Nord au Sud

Une fois les grandes étapes choisies, un problème est rapidement apparu : entre Luang Prabang et Pakse, il faut quand même compter près de 1.000 kilomètres par la route, si on reste exclusivement du côté laotien de la frontière.

La solution la plus logique pour nous consiste à prendre l’avion. 

Pas très slow travel, me direz-vous ? Cela dépend finalement de ce que l’on met derrière cette expression. Notre objectif n’est pas nécessairement de nous déplacer lentement. Nous voulons surtout avoir le temps de voyager lentement une fois arrivés quelque part.

Passer une journée entière — voire davantage — dans des transports simplement pour rejoindre l’étape suivante ne nous apporte pas grand-chose, sauf lorsqu'il s'agit d'un mode de transport local et typique, comme au Cambodge, lorsque nous avons emprunté le bateau pour nous rendre de Battambang à Siem Reap. Dans les autres cas, si un train ou un vol permet de récupérer cette journée pour flâner dans une ville, louer un scooter ou rester quelques heures de plus au bord du Mékong, le choix est assez vite fait.

Seulement voilà : le vol direct Luang Prabang–Pakse n’est actuellement assuré par Lao Airlines que trois jours par semaine. À l’heure où je prépare ce voyage, il circule les mardis, jeudis et samedis. Trois petits jours qui ont finalement dicté une bonne partie de notre itinéraire.

Nous prévoyons aujourd’hui de prendre ce vol le jeudi 18 novembre 2027. Le mot important ici est évidemment aujourd’hui. Nous avons encore plus d’un an devant nous et rien ne garantit que Lao Airlines conservera exactement les mêmes jours de rotation en novembre 2027. Ce sera donc l’un des points à surveiller jusqu’au départ.

Si la compagnie modifie les jours de vol, il faudra simplement déplacer quelques pièces du puzzle.

Aller vite entre les étapes pour ralentir sur place

Cette logique se retrouve dans toute la première partie du circuit. Entre Vientiane, Vang Vieng et Luang Prabang, nous comptons utiliser le train. Il nous permettra de réduire fortement les temps de déplacement entre ces trois étapes.

Train rapide desservant notamment Vientiane, Vang Vieng et Luang Prabang - Photo : Embassy of Timor-Leste in Vientiane, Domaine public, via Wikimedia Commons

Une fois installés, le scooter devrait régulièrement prendre le relais. C’est un mode de déplacement que nous avions beaucoup apprécié au Cambodge : il nous donne davantage d’autonomie, permet de nous arrêter quand nous le souhaitons et évite de dépendre systématiquement d’un chauffeur pour les visites autour de notre point de chute.

Plus au nord, le rythme changera encore. Nong Khiaw et Muang Ngoi introduiront notamment le bateau dans le voyage. 

Bateau sur la rivière Nam Ou. Ce cours d'eau relie notamment Nong Khiaw à Muang Ngoi. - Photo : Christophe95, Licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le trajet exact du retour vers Luang Prabang reste encore à préciser : bateau jusqu’à Nong Khiaw, puis probablement van partagé ou voiture avec chauffeur. 

Même incertitude entre Champassak et Don Khone. Nous verrons ce qui existe réellement au moment de finaliser les transports. Je ne m’inquiète pas particulièrement pour l’instant : ces itinéraires sont empruntés par de nombreux voyageurs et nous avons largement le temps de comparer les solutions.

Notre itinéraire de 4 semaines au Laos

À ce stade, voici donc la structure retenue :

ÉtapeNombre de nuitsNotre logique
Vientiane
3
Atterrir en douceur et découvrir la capitale
Vang Vieng
3
Paysages, tubing, montgolfière et environs
Luang Prabang
6
Culture, patrimoine… et surtout prendre le temps de s’imprégner de la ville
Nong Khiaw
3
Paysages, randonnées et rivière
Muang Ngoi
2
Une étape plus isolée et plus lente
Luang Prabang
1
Nuit tampon avant le vol vers le Sud
Champassak
3
Vat Phou et une base qui nous attire davantage que Pakse
Don Khone
5
Les 4 000 îles et une vraie respiration en fin de voyage
Pakse
1
Nuit tampon avant de remonter vers Vientiane
Vientiane
Correspondance avant le vol retour

Le départ de Belgique est prévu le 30 octobre 2027, pour une arrivée à Vientiane le lendemain. Le retour devrait nous ramener à Bruxelles le 28 novembre.

Six nuits à Luang Prabang : beaucoup pour une seule ville ?

C’est probablement la durée qui étonnera le plus. Nous resterons presque une semaine à Luang Prabang.

Il y a évidemment beaucoup de choses que j’ai déjà envie d’y découvrir : temples, vieille ville, marchés, cascades de Kuang Si, grottes de Pak Ou…

La raison principale n’est pourtant pas seulement là : Luang Prabang me donne l’impression d’être une ville dont il faut chercher à s’imprégner. 

Sisavangvong Road à Luang Prabang - Photo : Jakub Hałun, Licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

À mes yeux, elle représente un peu la capitale culturelle du Laos. J’aurais du mal à imaginer y passer deux jours à courir d’un temple à l’autre avant de repartir aussitôt. J’ai envie d’avoir le temps de marcher dans ses rues sans objectif précis, de revenir quelque part simplement parce que nous nous y sommes sentis bien, de nous arrêter plus longtemps que prévu à une terrasse ou au bord du Mékong.

Bref, de lui laisser une chance de devenir autre chose qu’une succession de visites. Une journée est d’ailleurs laissée volontairement très libre dans le planning actuel. Elle se remplira peut-être d’elle-même.

Vang Vieng : trois nuits, mais loin de la fête

Vang Vieng pose une autre question. La ville traîne encore une réputation très festive et ce n’est clairement pas ce que nous allons chercher au Laos.

Passerelle en bois menant à une cabane au toit de chaume, devant des montagnes karstiques enveloppées de brume, au lever du soleil, à Vang Vieng, au Laos - Photo : Basile Morin, Licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Ses paysages, en revanche, nous attirent énormément. Nous aimerions notamment tester le tubing sur la Nam Song et, si tout se passe comme prévu, découvrir les reliefs karstiques depuis une montgolfière.

Trois nuits nous semblent donc un bon compromis pour profiter des environs sans courir.

J’ai déjà repéré un hébergement volontairement situé à l’écart du centre. Avec un scooter, nous devrions pouvoir profiter des paysages tout en retrouvant un peu de calme lorsque nous le souhaitons.

Champassak plutôt que Pakse

Dans le Sud, j’ai longtemps regardé Pakse comme la base évidente.

Finalement, Champassak nous attire davantage. La présence de Vat Phou, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, joue évidemment un rôle important. 

Vat Phou - Photo : Alexkom000, Licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le site porte aussi une part d’histoire khmère qui fera forcément écho à notre voyage au Cambodge. 

La petite ville elle-même semble davantage correspondre à ce que nous recherchons pour cette étape. Pakse restera néanmoins utile dans l’itinéraire : nous y passerons notre dernière nuit dans le Sud avant de reprendre l’avion pour Vientiane puis Bruxelles.

Cinq nuits à Don Khone : finir en ralentissant encore

Les 4 000 îles font partie des principales raisons pour lesquelles nous avons décidé de ne pas repousser le Sud à un deuxième voyage.

Vue panoramique sur le Mékong depuis le pont reliant Don Det, à gauche, à Don Khone, à droite, dans l’archipel de Si Phan Don, province de Champassak, au Laos - Photo : Tango7174, Licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Nous avons choisi Don Khone comme base et prévu cinq nuits sur place. Cette durée répond aussi à une logique que nous avions déjà appliquée au Cambodge : ne pas terminer quatre semaines de voyage en accélérant encore davantage.

Après Vientiane, Vang Vieng, Luang Prabang et le Nord, Don Khone devrait devenir notre pause de fin de voyage.

Quelques visites, le Mékong… Et du temps. 

Simplement du temps.

Les nuits tampons : une leçon rapportée du Cambodge

Notre voyage au Cambodge nous a aussi confirmé quelque chose : certaines nuits qui peuvent sembler « perdues » sur un planning sont parfois celles qui sécurisent tout le reste.

Nous avons donc intégré deux tampons.

Le 17 novembre, nous reviendrons de Muang Ngoi vers Luang Prabang et y passerons la nuit avant le vol du lendemain matin pour Pakse. Pas question de tenter de combiner le retour du Nord et un vol intérieur important dans la même journée.

Même principe à la fin du séjour : nous quitterons Don Khone le 26 novembre pour dormir à Pakse avant de prendre notre vol vers Vientiane le lendemain matin.

Ces nuits ne seront peut-être pas les plus excitantes du voyage sur le papier. Elles devraient en revanche nous éviter quelques sueurs froides.

Après quelques leçons apprises au Cambodge, ces nuits tampons me paraissent désormais bien plus rassurantes que superflues.

Un itinéraire déjà construit… mais certainement pas figé

Cette fois, le squelette du voyage est là.

Les étapes sont choisies. Les nuits sont réparties. Les principaux transports sont identifiés.

Le programme quotidien reste beaucoup plus souple. J’ai déjà une bonne idée des lieux que nous aimerions découvrir, mais il me reste encore à assembler tout cela intelligemment : quelles visites combiner dans une même journée, lesquelles nécessitent davantage de temps, quels trajets effectuer en scooter, où conserver quelques plages totalement libres…

Certains transferts terrestres restent également à déterminer et le vol Luang Prabang–Pakse continuera à être surveillé.

Autrement dit, notre itinéraire est suffisamment avancé pour savoir où nous allons, mais encore assez ouvert pour pouvoir changer. Cela me paraît finalement plutôt sain à plus d’un an du départ.

Le principal défi est en tout cas résolu sur le papier : relier le Nord du Laos aux 4 000 îles en quatre semaines sans devoir changer d’hôtel tous les deux jours.

Reste maintenant à vérifier si ce bel équilibre survivra à la réalité. Pour ça, rendez-vous en novembre 2027.

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