19/02/2026 - Première journée à Kratie et balade sur Koh Trong

Une première matinée face au Mékong

Ce 19 février 2026, nous nous réveillons pour la première fois à Kratie.

Comme souvent depuis le début du voyage, nous sommes debout tôt, mais cette fois, rien ne presse. Après la longue journée de transfert depuis Siem Reap, nous avons vraiment besoin de ralentir.

Depuis notre chambre au Sorya Guesthouse, le Mékong est là, juste devant nous. Le soleil se lève doucement sur le fleuve, et ce simple spectacle suffit déjà à donner le ton de la journée.

Douche, puis premier petit déjeuner sur la terrasse de l’hôtel, en prenant tout notre temps. Nous regardons le fleuve, les embarcations, la lumière du matin, le rythme beaucoup plus calme de Kratie.

Après l’intensité des temples d’Angkor, cette étape s’annonce plus douce, plus nature, plus lente.

Exactement ce qu’il nous fallait.

Lessive, scooter et départ vers le bac

Avant de partir, je dépose quelques vêtements à laver à la réception.

Nous récupérons aussi notre scooter de location, réservé la veille au soir directement auprès de l’hôtel. À Kratie, nous avons prévu de garder un rythme simple : quelques visites, beaucoup de Mékong, pas mal de scooter, et surtout pas de programme trop chargé.

Pour cette première journée, direction Koh Trong, une île située juste en face de Kratie, au milieu du Mékong. Nous rejoignons donc le départ du bac.

Attendre le bac pour Koh Trong

Une fois arrivés au point de départ, nous nous retrouvons à attendre sans trop savoir comment cela fonctionne.

C’est la première fois que nous empruntons ce type d’embarcation au Cambodge. Nous n’avons pas vraiment d’horaires précis en tête. D’après ce que nous comprenons, le bateau accoste côté ville, se remplit progressivement, puis repart lorsqu’il estime avoir assez de passagers. Une fois sur l’île, le même ballet recommence dans l’autre sens.

Pendant l’attente, un couple de touristes britanniques nous rejoint. Ils logent apparemment eux aussi au Sorya Guesthouse. Nous commençons à discuter.

Une conversation sur l’honnêteté et la sécurité

Les Britanniques nous parlent très vite de leur émerveillement devant le Cambodge : la beauté du pays, la gentillesse de la population, l’accueil qu’ils ressentent depuis leur arrivée.

Ils nous racontent aussi une mésaventure qui les a marqués. Un peu plus tôt, ils s’étaient arrêtés à une terrasse pour boire un verre. En repartant, la femme avait oublié son portefeuille sur la table. Ils avaient déjà marché plus d’un quart d’heure lorsqu’elle s’en est rendu compte. Persuadée qu’elle ne le retrouverait jamais, elle avait fait demi-tour.

À son grand étonnement, le portefeuille était toujours au même endroit. L’argent était encore dedans.

Cette anecdote rejoint complètement notre propre ressenti. En Thaïlande en 2024, puis au Cambodge, nous n’avons presque jamais eu l’impression de devoir nous méfier. Mis à part un mini-incident à Phnom Penh, déjà raconté dans notre journal, l’Asie du Sud-Est nous a vraiment semblé être une région particulièrement sûre.

Autre exemple très simple : nous avons systématiquement laissé nos casques sur le scooter pendant nos visites. À chaque retour, ils étaient toujours là. Même dans des endroits modestes, même dans des zones où la pauvreté était visible.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais faire attention. Cela veut dire que le sentiment général, pour nous, a été très différent de celui que l’on peut parfois ressentir ailleurs, y compris chez nous.

La traversée vers Koh Trong

Vers 10 heures, nous montons enfin sur le bac.

Les tarifs sont clairement affichés sur le bateau. Ils varient selon que l’on traverse à pied, avec un deux-roues ou avec une voiture.

Nous payons 1.000 riels par personne pour un trajet simple, soit 4.000 riels pour nous deux, aller-retour. En pratique, cela représente environ 1 dollar. La traversée est courte, mais elle suffit à créer une rupture.

Kratie reste derrière nous, le Mékong nous entoure, et Koh Trong se rapproche doucement.

Arrivée sur l’île aux pomelos

Une fois sur l’île, il est possible de louer des vélos. Là encore, tout est clairement affiché à l’arrivée : location de vélos, scooters, chambres d’hôtes, services proposés par la communauté locale.

Les tarifs semblent identiques partout, ce qui évite la concurrence directe entre habitants. On sent une organisation communautaire, pensée pour répartir les revenus de manière plus équilibrée.

Nous choisissons finalement de marcher.

Dès l’arrivée, nous débarquons sur une immense plage de sable. Un chemin de bambou tressé permet aux véhicules de rouler sans s’enliser, ce qui donne tout de suite une ambiance particulière au lieu.

Une fois sur la route bitumée qui fait le tour de l’île, nous trouvons rapidement un stand proposant du jus de canne frais. Il n’en faut pas davantage pour nous convaincre. Nous n’en avions plus trouvé depuis Phnom Penh.

Koh Trong est surnommée l’île aux pomelos, et très vite, on comprend pourquoi. Les arbres à pomelos sont partout dans les jardins.

Faire le tour de Koh Trong à pied

Nous prenons notre temps pour faire le tour de l’île à pied.

La balade est simple, mais très agréable. Nous observons les maisons, les jardins, les nombreuses sculptures qui décorent certains espaces, les habitants affairés au bord de la route, les étudiants à vélo en uniforme scolaire, les animaux, les arbres fruitiers.

À plusieurs endroits, nous voyons des pêcheurs à pied, filet à la main, directement dans le Mékong. Avec les grandes plages de sable en cette saison sèche, on pourrait presque se croire au bord de la mer.

Nous recroisons plusieurs fois le couple de Britanniques, qui a choisi de louer des vélos. Cela devient presque un fil rouge amusant de la promenade. L’île est calme, rurale, très différente de Siem Reap. Ici, pas de temples monumentaux, pas de circulation dense, pas de sollicitations permanentes. Juste une route, des jardins, des animaux, des habitants, le fleuve et le temps qui passe plus lentement.

Animaux en liberté et scènes rurales

Sur Koh Trong, nous croisons aussi de nombreuses vaches, des poules avec leurs poussins et d’autres animaux en liberté.

Ce n’est pas propre à cette île, mais c’est l’occasion de le remarquer une fois de plus : dans les régions d’Asie du Sud-Est que nous avons traversées, les animaux semblent souvent circuler beaucoup plus librement que dans les paysages agricoles occidentaux.

Nous sommes loin de l’image des élevages où les bêtes sont systématiquement parquées dans des champs clôturés. 

Ici, il n’est pas rare de voir des animaux au bord de la route, dans les villages, près des maisons, ou parfois même en plein passage. Nous en avons aussi vu dans certains temples, ce qui n'est pas toujours au goût des moines !

Cela demande de l’attention, bien sûr, surtout lorsqu'on roule en scooter, mais cela participe aussi à l’ambiance très vivante de ces zones rurales.

Pause au Koh Trong Café

Après environ deux heures de marche, nous nous arrêtons au Koh Trong Café pour boire quelque chose.

De mémoire, je prends simplement de l’eau, tandis que John choisit une bière cambodgienne. Le total pour nos deux boissons est de 9.000 riels. Il aurait aussi été possible d’y déjeuner, mais nous nous contentons d’une pause fraîcheur.

Nous y retrouvons à nouveau le couple de Britanniques, ce qui nous permet de poursuivre la conversation commencée avant la traversée. Pour John, l’échange passe souvent par moi, puisque je joue un peu les interprètes, mais l’ambiance est détendue et agréable.

Ces rencontres de voyage n’ont pas besoin de durer longtemps pour laisser une trace. Quelques mots échangés sur un bac, une histoire de portefeuille oublié, une pause boisson sur une île du Mékong, et le souvenir s’installe.

Vers la pagode de l’île

Nous reprenons ensuite notre marche en direction du bac retour.

Le chemin nous mène par une route récente, très jolie, au milieu des rizières. Elle aboutit à la pagode de l’île, que nous apercevons en fin de promenade.

Nous ne la visitons pas vraiment. À ce stade, nous avons surtout envie de rentrer à l’hôtel, de nous poser, de nous rafraîchir.

La journée est calme, mais la chaleur et la marche se font tout de même sentir.

Retour à Kratie

Nous attendons le bateau un petit moment, puis nous retraversons tranquillement vers Kratie.

De retour sur la rive, nous rejoignons l’hôtel sans nous presser. Le reste de l’après-midi se déroule dans la simplicité la plus totale : un peu de repos dans la chambre, tri des photos, lecture, bonne douche.

Rien de spectaculaire. Tout ce dont nous avions besoin.

Coucher de soleil et dîner au Sorya Guesthouse

En fin de journée, nous montons au restaurant de l’hôtel.

La terrasse panoramique donne directement sur le Mékong, ce qui en fait un endroit parfait pour profiter du coucher du soleil. Nous commandons nos cocktails, puis nous laissons le fleuve faire le reste.

Après la frénésie des temples d’Angkor, ces moments ont une valeur particulière. 

Nous dînons ensuite sur place. Une fois encore, le repas est excellent. En ce qui me concerne, je goûterai ce soir-là au meilleur amok de poisson de tout le séjour. 

La cuisine a ce côté maison, presque familial, que nous aimons beaucoup depuis notre arrivée au Sorya Guesthouse.

La journée se termine comme elle avait commencé : face au mythique Mékong.

Kratie, une étape plus lente

Cette première journée à Kratie aura été très simple.

Une traversée en bac, une île paisible, une longue balade à pied, quelques rencontres, des pomelos, des animaux, des pêcheurs, une pause boisson, un retour tranquille et un coucher de soleil sur le Mékong.

Rien d’extraordinaire sur le papier. Dans les faits, cette journée nous a fait un bien fou. Nous savions que Kratie serait une étape plus chill, plus nature, moins spectaculaire que Siem Reap. C’est précisément ce que nous étions venus chercher à ce moment du voyage.

Après la densité d’Angkor, Koh Trong nous a offert une respiration parfaite.