Phare Circus fait partie des activités les plus intéressantes à faire à Siem Reap en soirée, surtout si l’on veut découvrir autre chose que les temples. Après plusieurs journées à Angkor, entre lever de soleil, visites archéologiques, chaleur et poussière, ce spectacle permet de changer complètement d’univers sans quitter la culture du Cambodge.
Sous son chapiteau, Phare mêle acrobaties, théâtre, danse, musique live, humour, émotion et récits cambodgiens. Ce n’est pas un cirque occidental classique. Il n’y a pas d’animaux, pas de numéros alignés les uns après les autres sans lien entre eux. Chaque spectacle raconte une histoire, inspirée de la société cambodgienne, de son histoire, de ses traditions ou de ses réalités contemporaines.
Pour notre part, nous avons assisté à L’Or blanc, un spectacle centré sur le riz, son importance au Cambodge, les tensions entre monde moderne et valeurs collectives, le travail, le commerce et les enseignements bouddhistes de modération. Ce n’était peut-être pas la création la plus spectaculaire de leur programmation, mais elle nous a beaucoup touchés par sa poésie, son originalité et l’énergie des artistes.
Phare Circus mérite clairement une place dans un séjour à Siem Reap, surtout si vous passez plusieurs jours autour d’Angkor.
D’abord parce que le spectacle est de grande qualité. Les artistes sont impressionnants, très engagés physiquement, et l’ensemble combine plusieurs formes d’expression : acrobaties, danse, théâtre, musique, humour, peinture en direct selon les productions, et narration. On ne vient pas seulement voir des prouesses techniques. On assiste à une création complète, avec une histoire, des personnages, une ambiance et une émotion.
Ensuite parce que Phare permet d’aborder le Cambodge autrement. Les temples racontent une civilisation ancienne, une puissance royale, une architecture et un imaginaire religieux. Phare, lui, parle d’un Cambodge vivant, contemporain, créatif, parfois drôle, parfois grave, mais toujours en mouvement.
Enfin, parce que le billet soutient un projet plus large. Phare Circus à Siem Reap n’est pas seulement une salle de spectacle touristique. C’est une entreprise sociale liée à Phare Ponleu Selpak, l’école d’arts de Battambang. Les spectacles professionnels donnent du travail à des artistes issus de cette formation et contribuent au financement des programmes éducatifs, artistiques et sociaux de l’organisation.
Pour bien comprendre Phare Circus à Siem Reap, il faut le relier à Phare Ponleu Selpak, l’école d’arts située à Battambang, et dont le nom signifie “La Lumière des Arts”.
L’organisation est née à Battambang après les années de guerre, dans une logique de reconstruction par l’art, l’éducation et le soutien social. Elle forme aujourd’hui des jeunes dans plusieurs domaines : cirque, musique, théâtre, danse, arts visuels, graphisme, animation et audiovisuel.
Nous avions visité le campus de Battambang quelques jours plus tôt, et cette étape a changé notre regard sur le spectacle de Siem Reap. À Battambang, on découvre les racines du projet : les salles de cours, les ateliers, les élèves, les fresques, la dimension sociale, l’ancrage local. À Siem Reap, on voit une forme d’aboutissement professionnel : des artistes sur scène, un vrai chapiteau, une organisation rodée et un spectacle pensé pour un public international.
Les deux expériences se complètent donc très bien. Battambang permet de comprendre ce qui rend Phare possible. Siem Reap montre ce que ce projet peut produire lorsqu’il arrive sur une scène professionnelle.
Si vous ne passez pas par Battambang, le spectacle de Siem Reap reste une très belle activité. Mais si vous avez la possibilité de visiter aussi Phare Ponleu Selpak, l’expérience prend une autre profondeur.
Phare Circus fonctionne comme une entreprise sociale. Cette dimension est importante, car elle permet d’éviter une lecture trop simpliste du type “spectacle solidaire pour touristes”.
Le modèle est plus intéressant que cela. À Siem Reap, en plus du financement de l'école, le cirque permet aux artistes diplômés de travailler dans de bonnes conditions, d'être rémunérés, de gagner en expérience professionnelle et de présenter des créations cambodgiennes à un large public.
Le spectateur n’est donc pas seulement dans une logique de consommation. En achetant une place, il assiste à un vrai spectacle, mais il contribue aussi à un modèle qui relie formation, emploi artistique, transmission culturelle et soutien social.
Cela ne veut pas dire qu’il faut être indulgent “parce que c’est pour une bonne cause”. Le spectacle doit rester jugé pour ce qu’il est. Dans notre cas, justement, nous avons trouvé que les deux dimensions se rejoignaient très bien : la cause est forte, et l’expérience scénique tient la route.
Phare Circus n’est pas un cirque traditionnel au sens où on l’entend souvent en Europe. Il n’y a pas de dressage d’animaux, pas de succession de numéros isolés, pas de Monsieur Loyal classique.
Chaque spectacle repose sur une histoire. Selon les productions, les thèmes peuvent être légers, drôles, sociaux, historiques ou plus intimes. Certaines créations abordent la guerre, la pauvreté, les relations humaines, les croyances, les traditions ou les tensions du monde moderne. D’autres sont plus joyeuses ou plus familiales.
La forme est très vivante. Les artistes passent d’un registre à l’autre : acrobaties, portés, jonglage, équilibre, danse, musique, jeu théâtral, humour, expression corporelle. Cette hybridation donne au spectacle une identité très forte.
Ce qui nous a frappés, c’est justement cette manière de tout mêler. On n’a jamais l’impression d’assister uniquement à une démonstration technique. Les prouesses sont intégrées à un récit, à une émotion, à une ambiance. Le corps raconte autant que les mots ou la musique.
Le soir de notre visite, le spectacle s’intitulait L’Or blanc.
La création est centrée sur le rôle du riz au Cambodge. Elle raconte l’histoire d’un personnage et de sa communauté, pris entre respect du riz, exigences du monde moderne, travail, commerce, valeurs collectives et enseignements bouddhistes de modération.
Le thème peut sembler très simple au départ. Pourtant, il touche à quelque chose de fondamental dans la société cambodgienne. Le riz n’est pas seulement une nourriture. Il renvoie au travail des champs, à la famille, à la communauté, aux équilibres économiques, aux traditions et à la relation entre besoins matériels et valeurs spirituelles.
Sur scène, cette histoire prend une forme très poétique. Les acrobaties ne sont pas là uniquement pour impressionner. Elles servent le récit, les tensions entre les personnages, les moments de déséquilibre, de tentation, de solidarité ou de retour à l’essentiel.Nous avions vu, avant le départ, des extraits d’autres spectacles qui semblaient peut-être plus spectaculaires. L’Or blanc nous a paru moins explosif, mais très cohérent, plus doux, plus symbolique. C’est un spectacle qui se reçoit davantage par son atmosphère que par un enchaînement de grands effets.
L’un des aspects les plus originaux de notre soirée a été la variété des formes artistiques.
Il y avait bien sûr les acrobaties, parfois impressionnantes, avec des portés, des équilibres, des sauts et des mouvements très physiques. Mais elles étaient accompagnées de musique live, de moments de théâtre, de passages plus humoristiques et d’une vraie dimension visuelle.
Un artiste réalisait plusieurs toiles en direct pendant le spectacle. Ce détail nous a beaucoup plu, car il ajoutait une couche supplémentaire à la création. On ne regardait pas seulement des corps en mouvement ; on voyait aussi des images apparaître sous nos yeux, comme si le spectacle se dessinait en même temps qu’il se jouait.
Ce mélange donne à Phare une énergie particulière. Les artistes ne sont pas simplement performeurs dans un domaine unique. Ils sont acrobates, comédiens, musiciens, danseurs, peintres parfois, conteurs toujours. C’est cette polyvalence qui rend le spectacle si vivant.
Il y a eu quelques petits ratés dans certaines prouesses acrobatiques lors de notre représentation. Rien de grave, rien qui casse le spectacle, mais assez pour rappeler que l’on est devant des artistes bien réels, en train de prendre des risques, de se coordonner, de se rattraper, de donner énormément d’eux-mêmes.
À nos yeux, cela n’a pas diminué l’expérience. Au contraire, cela a renforcé son caractère vivant. On n’était pas devant un show entièrement lissé, froid ou formaté. On sentait l’effort, la concentration, l’énergie, la générosité.
C’est aussi cela qui différencie Phare d’un grand spectacle calibré uniquement pour l’efficacité touristique. Il y a une vraie sincérité sur scène. Tout n’est pas mécanique. Les artistes se parlent, se regardent, se soutiennent, relancent le rythme, jouent avec le public. Cette part d’imperfection donne de l’humanité au moment.
Nous avions réservé nos places depuis la Belgique, en première catégorie, et nous sommes arrivés un peu en avance pour profiter du lieu avant le spectacle.
Sur place, l’accueil a été adorable, que ce soit à la caisse, aux stands de boissons, à la nourriture ou à l’intérieur du site. Nous avons tout de suite retrouvé une chaleur humaine qui nous a rappelé l’école de Battambang.
Avant le spectacle, Phare propose des stands de street food, des boissons, une boutique et une petite ambiance de soirée. Ce n’est pas seulement “on arrive, on s’assied, on regarde, on repart”. Le lieu invite à prendre un peu de temps.
Nous avons profité de l’happy hour pour prendre deux cocktails. J’ai aussi goûté une préparation que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs pendant le voyage : des bâtons de citronnelle farcis au hachis de poulet et à la mangue. Un vrai régal. John, lui, est resté sur des entrées plus classiques, comme des nems.
Si votre programme le permet, cela vaut donc la peine d’arriver plus tôt. La soirée commence avant le lever du rideau.
Avant le spectacle principal, nous avons aussi assisté à un pré-show avec de très jeunes élèves.
Ce moment nous a beaucoup marqués. Les enfants et adolescents étaient déjà impressionnants, très investis, très doués. On voyait bien qu’ils n’étaient pas encore au même niveau que les artistes professionnels du spectacle principal, mais leur énergie et leur complicité étaient incroyables.
Ce pré-show crée un lien direct avec la mission de Phare. On comprend que l’on n’assiste pas seulement à une représentation aboutie. On voit aussi une chaîne de transmission : des jeunes en formation, des artistes professionnels, une école, un débouché, une communauté autour de la scène.
Pour nous qui avions visité l’école de Battambang, ce moment avait encore plus de sens. Il donnait un visage très concret à ce que Phare essaie de construire.
Oui, nous le conseillerions clairement.
Phare Circus est une activité très populaire à Siem Reap, et les meilleures places peuvent partir vite, surtout en haute saison. Réserver à l’avance permet de choisir sa catégorie, d’éviter le stress de dernière minute et d’intégrer la soirée plus facilement dans son programme.
Il existe plusieurs catégories de places. Lors de notre visite, nous avions choisi la première catégorie. Cela nous a permis d’être très bien placés et de profiter pleinement des expressions, des détails et de l’énergie de la scène. Avec ce type de billet, nous avons aussi reçu une gourde réutilisable en souvenir.
Cela dit, il n’est pas forcément indispensable de prendre les places les plus chères pour apprécier le spectacle. L’essentiel est surtout d’éviter les zones à visibilité plus limitée, si votre budget le permet. Le spectacle repose beaucoup sur les mouvements, les interactions et l’expression corporelle : une bonne visibilité change vraiment le confort de la soirée.
À Siem Reap, beaucoup de voyageurs hésitent entre plusieurs spectacles en soirée. Nous avons testé à la fois l’Apsara Theatre et Phare Circus, et les deux expériences sont très différentes.
L’Apsara Theatre permet de découvrir une forme plus traditionnelle, centrée sur la danse classique khmère, les gestes codifiés, les costumes et les récits mythologiques. C’est une soirée plus calme, plus esthétique, plus patrimoniale.
Phare Circus, lui, est plus contemporain, plus physique, plus narratif, plus engagé. Il parle davantage du Cambodge d’aujourd’hui, même lorsqu’il s’appuie sur des thèmes traditionnels. Le rythme est plus intense, les émotions plus directes, l’énergie plus explosive.
Les deux spectacles ne se remplacent donc pas vraiment. Si vous avez le temps et le budget, ils se complètent très bien. Si vous devez choisir, cela dépend de ce que vous cherchez : une introduction à la danse classique khmère ou une création cambodgienne contemporaine portée par des artistes issus d’un projet social fort. Personnellement, j'opterais pour cette seconde option.
Oui, très clairement.
Phare Circus est l’une des meilleures activités à faire à Siem Reap en dehors des temples. Il permet de passer une soirée vivante, originale, émouvante et utile, sans avoir l’impression de sortir du voyage.
Au contraire, on reste pleinement au Cambodge, mais par un autre biais : celui de la scène, du corps, de la musique, de l’humour et de la création contemporaine.
Nous le recommanderions particulièrement :
Si vous êtes fatigués après une grosse journée de temples, Phare reste tout à fait envisageable, mais prévoyez une pause avant. Dans notre cas, après Angkor Thom et Preah Khan, la piscine de l’hôtel a été indispensable avant de repartir pour la soirée.
Nom du lieu : Phare, The Cambodian Circus
Emplacement : À Siem Reap, dans un chapiteau dédié au spectacle.
Carte
À intégrer ici : carte Google Maps / localisation de Phare Circus à Siem Reap.
Réservation : Il est conseillé de réserver à l’avance sur le site officiel de Phare Circus, surtout en haute saison ou si vous souhaitez de bonnes places.
Horaires : Les spectacles ont généralement lieu le soir, avec ouverture du site avant la représentation pour la street food, les boissons, la boutique et les animations. Au moment de la rédaction, Phare annonce une ouverture des stands à partir de 17 h 30 et un spectacle principal à 20 h, d’une durée d’environ 1 heure. Vérifiez toujours les horaires exacts selon la date choisie.
Tarifs indicatifs
Au moment de la rédaction, les billets sont proposés en plusieurs catégories :
Les catégories correspondent à des emplacements différents dans le chapiteau. Certaines places latérales peuvent avoir une visibilité partiellement limitée.
Durée à prévoir : Le spectacle dure environ 1 heure, mais il vaut mieux prévoir toute la soirée si vous voulez arriver en avance, manger un peu, profiter de l’ambiance et ne pas repartir dans la précipitation.
À prévoir : Arrivez un peu en avance, surtout si vous voulez manger sur place. La salle peut être chaude : lors de notre visite, des éventails étaient distribués à l’entrée puis récupérés à la sortie, ce qui était très appréciable.
À savoir avant d’y aller : Les spectacles varient selon les dates. Certains sont plus joyeux, d’autres plus profonds ou plus sombres. Certains peuvent comporter musique forte, effets de fumée ou lumières stroboscopiques. Consultez le programme avant de réserver, surtout si vous voyagez avec de jeunes enfants ou si vous êtes sensible à ce type d’effets.
Animaux : Phare n’utilise pas d’animaux dans ses spectacles.
Phare Circus a été l’une de nos plus belles soirées à Siem Reap.
Après une journée très dense à Angkor Thom et Preah Khan, nous aurions pu être trop fatigués pour vraiment en profiter. Pourtant, la soirée nous a complètement relancés. L’accueil, l’ambiance, la street food, le pré-show, puis le spectacle principal ont créé un moment très chaleureux.
Nous avons particulièrement aimé le mélange des disciplines : acrobaties, théâtre, musique, humour, danse et peinture en direct. L’Or blanc n’était peut-être pas le spectacle le plus spectaculaire que nous aurions pu voir, mais il avait une vraie poésie et un thème profondément cambodgien.
Le lien avec Phare Ponleu Selpak rend l’expérience encore plus forte. Comme nous avions visité l’école de Battambang, nous savions un peu mieux ce que ce spectacle représentait : pas seulement une activité touristique réussie, mais un débouché réel pour des jeunes formés par un projet artistique, éducatif et social.
Pour nous, Phare Circus mérite clairement sa place dans un séjour à Siem Reap. C’est une soirée à la fois divertissante, touchante et porteuse de sens. Elle permet de découvrir un Cambodge créatif, contemporain et vivant, en complément des temples d’Angkor.