Notre aventure cambodgienne : un mois de découvertes, de sourires et de lâcher-prise

Après notre premier grand road trip en Thaïlande, nous avions envie de repartir en Asie du Sud-Est, mais autrement. Plus intensément, plus lentement aussi, et surtout dans un pays qui nous sortirait davantage de nos repères. C’est ainsi qu’est né ce voyage de presque un mois au Cambodge, du 31 janvier au 28 février 2026, entre temples mythiques, petites routes cahoteuses, trajets improbables, îles encore préservées… et rencontres profondément marquantes.

Au départ, notre circuit devait être un peu différent. Nous avions envisagé de pousser jusqu’à Preah Vihear et Preah Rumkel, mais la réalité du terrain nous a amenés à revoir nos plans. En effet, comme nous l'avions déjà évoqué dans notre blog, au Cambodge, louer une voiture sans chauffeur s’est révélé bien plus compliqué que prévu. Nous avons donc adapté notre itinéraire avant même le départ, puis encore une fois sur place, au fil des contraintes, des découvertes… et de ce fameux apprentissage du lâcher-prise.

Car s’il y a bien une chose que ce voyage nous a apprise, c’est celle-ci : au Cambodge, tout ne se passe pas toujours comme prévu, mais il y a presque toujours une solution. Et contrairement à notre réflexe très européen, celle-ci ne passe pas forcément par le stress.

Un voyage différent, plus dépaysant encore que la Thaïlande

Le Cambodge nous a profondément marqués. Bien sûr, il y a les paysages, les temples, le Mékong, les îles, les pagodes et la campagne. Mais ce que nous retenons avant tout, c’est la gentillesse des Cambodgiens.

Ce qui nous aura marqué le plus durant ce séjour : la gentillesse des Cambodgiens et le naturel des enfants.

On entend souvent dire que le Cambodge est le pays du “vrai sourire”. Après ce voyage, nous comprenons parfaitement pourquoi. Partout, nous avons eu des interactions simples, spontanées, chaleureuses, sans qu’il y ait forcément derrière une attente commerciale. Un échange, un geste, un regard, un sourire partagé : ce sont souvent ces moments-là qui restent le plus en mémoire.

Et puis il y a les enfants cambodgiens. Leur attitude, leur douceur, leur curiosité, leur naturel nous ont énormément touchés. Ce sont des détails impossibles à chiffrer dans un budget ou à résumer dans une fiche pratique, mais ce sont eux qui donnent une âme à un voyage.

Ce séjour a été très dépaysant, même davantage que notre voyage en Thaïlande. Le retour a d’ailleurs été plus rude. Le Cambodge nous a donné cette impression rare d’être vraiment bien ailleurs, dans un rythme différent, avec d’autres codes, une autre manière de vivre et de faire face aux imprévus.

Un circuit révisé, mais finalement très équilibré

Pour ce voyage, nous avons choisi de prendre le temps. Plutôt que d’enchaîner les étapes au pas de course, nous avons préféré construire un itinéraire varié, avec plusieurs bases, afin de découvrir différentes facettes du pays.

Notre parcours nous a conduits à :

  • Phnom Penh
  • Koh Rong Sanloem
  • Battambang
  • Siem Reap
  • Kratie
  • Kep, avec une escapade d’une journée à Kampot

Le circuit réellement parcouru

Ce circuit s’est révélé particulièrement riche. Il nous a permis de découvrir à la fois la capitale et sa mémoire douloureuse, une île encore séduisante, des villes plus authentiques, l’incontournable région d’Angkor, les bords du Mékong et le sud du pays.

Sur place, nos déplacements ont été très variés :

  • voiture privée avec chauffeur entre Phnom Penh et Sihanoukville, entre Sihanoukville et Battambang, puis entre Kep et Phnom Penh ;
  • bateau entre Battambang et Siem Reap, via la rivière Sangker et le Tonlé Sap ;
  • vans partagés entre Siem Reap et Kratie, puis entre Kratie et Kep ;
  • tuktuks pour les déplacements locaux à Phnom Penh et Battambang ;
  • scooter à Siem Reap, Kratie et Kep ;
  • et tuktuk le soir à Siem Reap, par prudence.

Notre sympathique chauffeur entre Sihanoukville et Battambang - photo prise à  notre arrivée au Cabaret Vert

Avec le recul, ce mélange de transports fait presque partie intégrante de l’expérience cambodgienne. Tout n’a pas été confortable, loin de là, mais cela a aussi contribué au sentiment d’aventure.

Phnom Penh, entre beauté, vie locale et mémoire bouleversante

Vue sur le Palais Royal et la Skyline de Phnom Penh

Notre voyage a commencé à Phnom Penh, première immersion dans l’atmosphère cambodgienne. C’est une ville vivante, contrastée, parfois bruyante, mais déjà très révélatrice de ce qui nous attendait : une capitale où l’on sent immédiatement que l’histoire, la spiritualité et le quotidien se côtoient en permanence.

Nous y avons découvert notamment le Palais Royal, la Pagode d’Argent, le Musée national et Wat Phnom, mais l’un des moments les plus forts du séjour se trouve ici, sans aucun doute : la visite du musée du génocide S21.

C’est une visite extrêmement chargée en émotion. Difficile, éprouvante même, mais essentielle. Ce n’est pas une étape “agréable” au sens touristique du terme, mais c’est une visite à faire pour comprendre une partie de l’histoire du Cambodge et regarder ce pays autrement. Elle nous a profondément marqués.

Koh Rong Sanloem, parenthèse balnéaire encore plaisante… mais pour combien de temps ?

Un petit coin de paradis à l'extrémité de Saracen Bay - Koh Rong Sanloem

Après la capitale, nous avons rejoint Koh Rong Sanloem pour une pause plus douce. L’île offre encore de beaux moments, entre mer, détente et plages agréables. C’était une respiration bienvenue dans le voyage.

Mais cette étape nous a aussi laissé un sentiment plus mitigé. Oui, Koh Rong Sanloem reste plaisante. Oui, on peut encore y profiter d’une belle parenthèse. Mais nous avons aussi ressenti que l’île était en train de changer, parfois de manière brutale. Certains secteurs nous ont semblé défigurés par les investissements, notamment chinois, et l’on sent déjà peser la menace d’un développement touristique qui pourrait lui faire perdre son authenticité.

Cette impression ne concerne d’ailleurs pas seulement l’île. Nous l’avons aussi ressentie plus tard du côté de Kep. Le Cambodge change vite, et certains endroits risquent clairement de ne plus offrir longtemps ce fragile équilibre entre charme local et tourisme.

Battambang, l’une des très belles surprises du voyage

Le Ta Dumbong, dont la légende a donné son nom à la ville de Battambang, qui signifie "Bâton perdu"

Nous avons ensuite rejoint Battambang, une étape que nous avons particulièrement appréciée. Moins citée que Siem Reap dans les itinéraires classiques, la ville et sa région offrent pourtant beaucoup : temples, campagne, vie locale, petites routes, sorties en tuktuk et ambiance plus paisible.

Nous y avons visité notamment Wat Ek Phnom, Phnom Sampeau, Wat Banan et les environs lors d’un tour dans la campagne. Mais s’il y a un moment que nous retiendrons tout particulièrement ici, c’est notre passage à l’école Phare.

Quelques élèves de la troupe de Phare, dans l'interprétation du spectacle "Rouge"

Ce fut un moment magnifique. À la fois beau, touchant et porteur de sens. Parmi les grands temps forts du voyage, cette expérience a toute sa place.

Le bateau Battambang - Siem Reap : notre plus gros coup de cœur

Les villages flottants du Tonle Sap, un moment hors du temps

S’il fallait ne citer qu’un seul moment capable de résumer à lui seul l’esprit de ce voyage, ce serait sans doute le trajet en bateau entre Battambang et Siem Reap.

Sans hésitation, c’est notre plus gros coup de cœur. Ce trajet via la rivière Sangker puis le Tonlé Sap nous a offert bien plus qu’un simple transfert : une véritable traversée du Cambodge, au plus près des paysages, des maisons sur pilotis, de la vie sur l’eau et d’un quotidien que l’on n’aperçoit pas de la même façon depuis la route. Ce genre d’expérience ne se raconte pas seulement en termes pratiques ; il faut la vivre pour comprendre à quel point elle peut marquer un voyage.

Siem Reap et Angkor, l’évidence… avec quelques ajustements

Porte Sud d'Angkor Thom

Impossible de parler du Cambodge sans évoquer Siem Reap et les temples d’Angkor. Oui, c’est un classique. Oui, dire que c’est magnifique peut sembler presque banal tant cela a déjà été répété. Et pourtant, il serait absurde de chercher à être original à tout prix : Angkor mérite sa réputation.

Nous avons découvert plusieurs sites et circuits autour des temples, entre grands incontournables et visites plus étalées dans le temps. Le lever du soleil à Angkor Wat, Ta Prohm, Bayon, Angkor Thom, Preah Khan, Beng Mealea, Bakong, Banteay Srei ou encore Banteay Samré ont rythmé notre séjour dans la région.

Nous avions prévu initialement davantage d’activités à Siem Reap, mais deux projets ont finalement été abandonnés une fois sur place :

  • le Phnom Kulen National Park, dont nous avons jugé le budget exagéré ;
  • le Kulen Elephant Forest, qui s’est révélé moins éthique que ce que nous espérions.

Avec le recul, cela explique aussi pourquoi nous avons probablement eu une nuit de trop à Siem Reap. Ce n’est pas un drame, bien au contraire, puisque cela nous a permis de souffler un peu, de visiter la ville plus doucement et de ne pas transformer la découverte d’Angkor en marathon.

Kratie, le Cambodge plus calme, plus rural, plus doux

L'île de Koh Trong, au milieu du Mekong - paysage de campagne

Après l’effervescence de Siem Reap, nous avons rejoint Kratie en van partagé. Et là, soyons honnêtes : le trajet faisait partie de ces moments où l’aventure est un peu moins romantique sur le moment que dans les souvenirs.

Même chose pour le van entre Kratie et Kep : disons que ces expériences ont oscillé entre l’épique et le franchement désagréable.

Mais une fois arrivés, Kratie nous a offert un autre visage du Cambodge. Plus calme, plus rural, plus apaisé. Entre la pagode des cent colonnes, Kampi, l’observation des dauphins d'Irrawaddy, Koh Trong, Phnom Sambok et la campagne environnante, cette étape a apporté un bel équilibre au voyage.

Kep et Kampot, une fin de séjour plus contrastée

Statue du crabe bleu à Kep, un met incontournable des restaurants de la ville

Dernière grande base de notre circuit : Kep, avec une escapade d’une journée à Kampot.

Nous y avons découvert différents points d’intérêt, le marché aux crabes, les champs de sel, une ferme de poivre, la grotte de Kompong Trach, ainsi que quelques autres lieux dans les environs. C’était une fin de voyage plus calme, propice à l’exploration en scooter et aux petites sorties, mais c’est aussi dans cette région que nous avons ressenti plus nettement certaines limites.

D’abord, Kampot ne nous a pas plu. Nous l’avons trouvée trop tournée vers les touristes, trop marquée par la présence occidentale, avec une ambiance qui nous a moins séduits que d’autres étapes du voyage.

Dans les rues de Kampot

Ensuite, comme à Koh Rong Sanloem, nous avons eu le sentiment que Kep risquait elle aussi de perdre une partie de son authenticité à moyen terme sous l’effet des investissements et des transformations en cours.

Enfin, un détail qui n’en est pas vraiment un : les deux hôtels tenus par des Français où nous avons séjourné, à Kep mais aussi à Battambang, n’ont clairement pas été à la hauteur de nos attentes. C’est d’ailleurs là que nous nous sommes sentis les moins bien accueillis, ce qui contraste fortement avec l’hospitalité reçue presque partout ailleurs dans le pays.

Le Cambodge, une destination que nous recommandons… avec nuance

Alors, conseillerions-nous le Cambodge ?

Oui, sans hésiter, mais pas forcément comme tout premier voyage en Asie du Sud-Est pour des débutants complets.

À nos yeux, la Thaïlande reste plus simple pour une première découverte de la région : l’organisation y est plus facile, les infrastructures plus développées, les repères plus accessibles. Le Cambodge demande un peu plus de souplesse, davantage de capacité d’adaptation et une vraie acceptation de l’imprévu.

En revanche, pour celles et ceux qui ont déjà un petit bagage de voyage, ou qui recherchent une expérience plus dépaysante, plus humaine et parfois plus brute, le Cambodge a énormément à offrir.

Un voyage qui laisse une empreinte durable

Ce séjour au Cambodge a été varié, fluide, profondément dépaysant, parfois déroutant, souvent émouvant, mais toujours marquant. Nous y avons trouvé bien plus que des sites à visiter : une manière différente d’aborder le voyage, d’accepter ce qui échappe au contrôle et de se laisser porter davantage par le pays.

Entre la puissance émotionnelle de S21, la beauté évidente des temples d’Angkor, la magie du bateau entre Battambang et Siem Reap, la richesse des échanges avec les habitants et cette sensation constante d’être vraiment ailleurs, ce voyage s’est imposé comme une expérience à part.

Dans les prochains articles, nous reviendrons plus en détail sur ce mois passé au Cambodge à travers :

  • notre journal de voyage jour après jour ;
  • les lieux visités, avec des articles dédiés ;
  • et nos bonnes adresses et contacts sur place.

Et comme souvent, un voyage en appelle déjà un autre. Celui-ci a fait naître une nouvelle envie d’ailleurs… mais pour la suite, il faudra encore patienter un peu avant de lever le voile.