Ta Som à Angkor : un petit temple paisible du grand circuit

Ta Som fait partie de ces temples d’Angkor qui séduisent sans avoir besoin d’impressionner. Il est plus petit que Ta Prohm, moins connu que Preah Khan, moins monumental qu’Angkor Wat, mais il possède une atmosphère très attachante. 

On y retrouve des galeries, des portes à visages, des pierres partiellement ruinées et une ambiance ombragée très agréable. 

Le temple est souvent associé à sa porte orientale, autrefois célèbre pour ses racines, mais lors de notre passage, cette image ne correspondait plus vraiment à ce que nous avons trouvé sur place.

Situé sur le grand circuit, à l’est du parc d’Angkor, Ta Som a été construit à la fin du XIIe siècle sous le règne de Jayavarman VII, le grand roi bâtisseur à qui l’on doit notamment Ta Prohm, Preah Khan, le Bayon et Banteay Kdei. Il s’agit d’un temple bouddhiste mahayana, même si, comme souvent à Angkor, des éléments liés à l’hindouisme restent perceptibles dans le décor et l’histoire religieuse du lieu.

Lors de notre visite, Ta Som a été l’une des très belles surprises de notre première journée à Angkor. Après Pre Rup et East Mebon, plus massifs et plus exposés, nous avons tout de suite apprécié son ambiance plus fraîche, plus ombragée, plus intime. Ce n’est pas un temple qui écrase. C’est un temple qui charme.

Pourquoi visiter Ta Som à Angkor ?

Ta Som mérite une visite parce qu’il offre une belle transition entre les temples-montagnes du Xe siècle et les grands temples bouddhistes de Jayavarman VII. Après Pre Rup et East Mebon, il change complètement de registre : on quitte la montée, la verticalité et les terrasses superposées pour entrer dans un temple plus bas, plus horizontal, plus enveloppant.

Son intérêt principal tient à son atmosphère. Ta Som n’est pas le temple le plus richement décoré d’Angkor, ni le plus spectaculaire. En revanche, il donne très bien à voir ce que beaucoup de voyageurs viennent chercher dans les temples plus atmosphériques : des passages de pierre, des portes en enfilade, des murs fatigués, quelques touches de végétation et cette impression que la nature reste présente sans dominer totalement l’architecture.


C’est aussi un site assez facile à comprendre. Son plan reste relativement simple, la visite n’est pas longue, et l’on peut en profiter sans se sentir perdu dans un labyrinthe de galeries. Pour un premier contact avec les temples de Jayavarman VII, Ta Som est donc une étape très agréable.

Un temple de Jayavarman VII, dans l’esprit de Ta Prohm et Preah Khan

Ta Som appartient à la grande période bouddhiste de la fin du XIIe siècle. Il a été construit sous Jayavarman VII, probablement dans le contexte des grands aménagements religieux liés à Angkor Thom, Preah Khan, Ta Prohm et au style du Bayon.

On y retrouve plusieurs caractéristiques de cette époque : des enceintes successives, des gopuras ornés de visages, un sanctuaire central, des galeries et une atmosphère plus monastique que strictement monumentale. Le temple est parfois décrit comme une version plus petite et plus simple de Ta Prohm ou de Preah Khan. Cette comparaison est utile, à condition de ne pas attendre de Ta Som la même ampleur que ces grands sites.

À Ta Som, tout est plus modeste. Le temple se visite rapidement, mais il condense très bien plusieurs éléments typiques de cette période : les visages souriants des portes, l’organisation en espaces successifs, la présence de devatas, et ce rapport délicat entre ruine, restauration et végétation.

Une architecture simple, mais très agréable à parcourir

Ta Som est un temple plat, organisé autour d’un sanctuaire central et de plusieurs enceintes. On y entre par des portes-tour, ou gopuras, qui marquent progressivement les passages d’un espace à l’autre. 

Contrairement aux temples-montagnes comme Pre Rup ou Ta Keo, il ne s’agit pas ici de grimper vers le sacré, mais de traverser une succession de seuils.

Cette progression horizontale change beaucoup l’expérience. Le temple se découvre presque comme une promenade : on franchit une porte, on traverse une cour, on passe dans une galerie, on aperçoit une ouverture, puis une autre. Les perspectives sont plus basses, plus proches, plus humaines.

Les gopuras à visages rappellent l’univers du Bayon. Ces visages, souvent associés à Lokeśvara, le bodhisattva de la compassion, ou à une image idéalisée du pouvoir royal sous Jayavarman VII, donnent au site une signature immédiatement reconnaissable. Même si Ta Som reste plus discret, il appartient pleinement à cette famille de temples où l’architecture semble regarder le visiteur.

La porte orientale : une image célèbre à aborder avec prudence

Ta Som est souvent associé à sa porte orientale, longtemps connue pour sa tour à visages enlacée par les racines d’un grand arbre. C’est l’image la plus célèbre du temple, celle que l’on retrouve encore dans de nombreux guides, blogs et récits de voyage.

La porte Est vue depuis l’intérieur de l’enceinte. De l’autre côté, les échafaudages ne nous ont pas permis de vérifier si l’arbre qui a fait la réputation de Ta Som était encore visible.

Lors de notre passage, nous n’avons pourtant pas retrouvé cette scène telle qu’elle est habituellement montrée. La porte orientale était bien là, mais elle était accompagnée d’échafaudages, et les racines qui rendaient autrefois l’ensemble si spectaculaire ne semblaient plus visibles de la même manière.

Il est donc préférable d’aborder Ta Som avec prudence sur ce point. Le temple garde beaucoup de charme, ses gopuras à visages restent intéressants, et son ambiance ombragée mérite l’arrêt. Mais si vous venez uniquement pour la fameuse porte enlacée par les racines, gardez en tête que l’image que l’on voit encore souvent en ligne ne correspond peut-être plus à la réalité du moment.

Que regarder à Ta Som ?

Ta Som se visite assez rapidement, mais plusieurs éléments méritent l’attention.

Les gopuras à visages sont les premiers repères importants. Ils donnent au temple son lien stylistique avec le Bayon et les grands monuments de Jayavarman VII. Observez leur orientation, leur expression, et la manière dont ils marquent les transitions entre les différentes zones du site.

Les devatas sculptées sur certains murs et piliers valent aussi le détour. Même si le décor est moins abondant que dans d’autres temples, ces figures féminines apportent de la finesse à l’ensemble et rappellent que Ta Som n’était pas seulement un ensemble de pierres austères.

Prenez aussi le temps de regarder les linteaux et les frontons, parfois ornés de motifs floraux ou de scènes mythologiques. Certains reliefs sont usés, d’autres plus lisibles, mais ils permettent de retrouver cette superposition typique d’Angkor entre bouddhisme mahayana, références hindoues et réinterprétations successives.

Enfin, ne négligez pas les traces de restauration

Ta Som a fait l’objet d’interventions destinées à stabiliser les structures tout en conservant une part de ruine et de végétation. Cette tension entre sécurisation et atmosphère ancienne se ressent très bien sur place.

Ta Som dans un itinéraire à Angkor

Ta Som trouve naturellement sa place dans le grand circuit. Il se combine très bien avec Pre Rup, East Mebon, Neak Pean, Preah Khan et Srah Srang.

Dans notre cas, il arrivait après Pre Rup et East Mebon. Cette position a beaucoup joué dans notre ressenti. Après deux temples plus exposés au soleil et plus marqués par la logique du temple-montagne, Ta Som nous a offert une vraie respiration. L’ombre, la verdure, les passages plus étroits et l’ambiance plus intime nous ont fait du bien.

C’est aussi pour cela que nous le voyons comme une excellente étape de milieu de parcours. Il relance l’intérêt sans demander une visite longue ou fatigante. Il apporte une autre tonalité à la journée, plus douce et plus atmosphérique.

Ta Som mérite-t-il une place dans votre itinéraire ?

Oui, surtout si vous visitez Angkor sur plusieurs jours. Ta Som n’est pas forcément un incontournable absolu dans un itinéraire très court, mais il mérite clairement sa place dans une découverte plus progressive du site. 

Nous le recommanderions particulièrement :

  • aux voyageurs qui suivent le grand circuit ;
  • à ceux qui aiment les temples plus calmes et plus ombragés ;
  • aux personnes qui ont aimé Ta Prohm, mais cherchent une ambiance moins fréquentée ;
  • aux amateurs de portes à visages, de ruines discrètes et d’ambiances végétales ;
  • à ceux qui veulent découvrir un temple de Jayavarman VII dans un format plus accessible.

Si vous n’avez qu’une seule journée à Angkor, il faudra sans doute prioriser Angkor Wat, Angkor Thom et Ta Prohm. En revanche, dès que vous disposez de deux ou trois jours, Ta Som devient une très belle étape, facile à intégrer et très agréable à vivre.

Infos pratiques

Nom du site : Ta Som / Prasat Ta Som

Emplacement : Dans le parc archéologique d’Angkor, sur le grand circuit, à l’est du site principal, entre East Mebon et Neak Pean.

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Accès : Ta Som se visite avec l’Angkor Pass. Il n’existe pas de billet séparé pour ce temple. L’accès est inclus dans le pass valable pour l’ensemble du parc archéologique d’Angkor.

Prix du pass Angkor

  • 1 jour : 37 USD
  • 3 jours : 62 USD
  • 7 jours : 72 USD

Horaires : Ta Som est généralement ouvert de 7 h 30 à 17 h 30.

Durée de visite conseillée : Comptez environ 30 à 45 minutes, selon votre rythme, votre intérêt pour les gopuras à visages et le temps passé à profiter de l’ambiance du site.

Difficulté : La visite ne présente pas de difficulté physique particulière. Le terrain peut être irrégulier par endroits, avec des pierres, des seuils et quelques passages plus abîmés.

À prévoir : De l’eau, de bonnes chaussures, et un peu de temps pour profiter de l’ambiance sans traverser le temple trop vite. Un objectif grand-angle peut être utile pour photographier les portes, les galeries et les perspectives intérieures du temple.

Notre avis sur Ta Som

Ta Som a été l’un de nos coups de cœur de cette première journée à Angkor. Nous ne l’attendions pas autant, et c’est peut-être aussi pour cela qu’il nous a autant plu.

Après Pre Rup et East Mebon, plus massifs et plus exposés, son atmosphère ombragée, végétale et plus intime a vraiment fonctionné. 

Nous avons aimé sa simplicité, ses passages, ses visages, ses détails sculptés et son ambiance paisible, même si nous n’avons pas retrouvé la fameuse porte orientale telle qu’elle est souvent montrée en photo.

Ce n’est pas le temple le plus spectaculaire d’Angkor, ni le plus riche historiquement. Mais il possède un charme réel. Dans un itinéraire de plusieurs jours, Ta Som apporte une pause douce, presque fraîche, et une très belle introduction aux temples plus atmosphériques de Jayavarman VII.