Cambodge 2026 - le voyage que nous pensions faire une fois… et qui nous donne déjà envie de revenir

Avant de partir, nous avions une idée assez précise de ce que le Cambodge allait nous offrir.

Angkor, évidemment. Des temples mythiques que nous rêvions de découvrir depuis longtemps. Une histoire récente particulièrement lourde. Quelques belles étapes le long du Mékong, une île pour souffler, Battambang que nous tenions absolument à maintenir malgré le contexte géopolitique… mais nous partions aussi avec une réserve : après la Thaïlande et l’incroyable diversité de ses paysages, de ses temples et de ses ambiances, nous pensions que le Cambodge nous impressionnerait probablement moins. Nous nous étions même dit que ce serait sans doute un pays que nous visiterions une seule fois.

Quatre semaines plus tard, nous sommes rentrés avec une seule certitude : nous nous étions trompés.

Le Cambodge ne nous a pas séduits pour les mêmes raisons que la Thaïlande. Il nous a offert moins de grands paysages spectaculaires et, en dehors d’Angkor, moins de monuments capables de provoquer cet effet « waouh » immédiat.

En revanche, il nous a donné quelque chose que nous n’attendions pas avec une telle intensité : des rencontres, des échanges, des moments spontanés et cette sensation assez rare de ne pas seulement visiter un pays, mais d’entrer réellement en contact avec lui.

Et c’est probablement pour cette raison que nous en sommes revenus si attachés.

À retenir

  • Le Cambodge nous a beaucoup plus séduits que nous ne l’imaginions avant le départ.
  • Angkor est exceptionnel, mais ce n’est finalement pas ce qui résume le mieux notre voyage.
  • Notre plus gros coup de cœur reste la dimension humaine du pays et la spontanéité des rencontres.
  • Le Cambodge s’est révélé plus simple à parcourir en indépendant que nous le craignions, malgré quelques transports parfois folkloriques.
  • Les contrastes sociaux, la pauvreté et la gestion des déchets restent très visibles dans certaines régions.
  • Notre expérience a été extrêmement positive, mais pas parfaite : Phnom Penh, Kampi et plusieurs hébergements nous ont aussi réservé quelques déconvenues.
  • Nous pensions ne venir qu’une fois. Aujourd’hui, nous savons déjà qu’un seul autre voyage ne suffira probablement pas.

Un pays moins spectaculaire… mais finalement plus riche que prévu

Soyons francs : si votre définition d’un grand voyage repose avant tout sur les paysages spectaculaires, les décors de carte postale et une succession de lieux immédiatement photogéniques, la Thaïlande possède des arguments difficiles à battre.

C’est aussi ce qui expliquait une partie de nos réserves avant le départ.

Nous savions qu’Angkor serait un morceau de choix. Pour le reste, nous nous attendions à un voyage intéressant, certainement dépaysant, mais probablement moins impressionnant que notre précédent séjour en Thaïlande.

Angkor Wat, la huitième merveille du monde, seul monument au monde à figurer sur un drapeau national

Ce fut à la fois vrai… et complètement faux. 

Vrai, parce que le Cambodge ne nous a effectivement pas offert la même variété visuelle.

Faux, parce que nous avons découvert qu’un voyage ne se mesure pas uniquement au nombre de fois où l’on sort son appareil photo devant un panorama.

Notre chauffeur entre Sihanoukville et Battambang, tellement sympathique que nous lui avons demandé d'aussi s'occuper de notre transfert de Kep vers KTI, le jour de notre vol de retour.

Au fil des jours, ce sont souvent les expériences les plus simples qui ont pris le dessus : un chauffeur qui partage quelques mots avec nous, une femme qui engage spontanément la conversation dans un temple, des enfants qui nous saluent depuis un village flottant, trois vieilles dames qui m’invitent à m’asseoir auprès d’elles pendant le repas des moines…

A la pagode, au déjeuner des moines

Cette dernière scène, vécue dans une petite pagode de la campagne de Battambang, reste d’ailleurs l’un des moments les plus forts de tout notre séjour. Rien n’était organisé, rien n’était prévu, rien n’avait été conçu pour les touristes. J’étais simplement là au bon moment, étrangère à ce qui se passait et pourtant invitée à m’approcher puis à rester.

C’est précisément là que le Cambodge a commencé à nous surprendre.

Le vrai coup de cœur : les Cambodgiens

Écrire que « les Cambodgiens sont souriants et accueillants » serait à la fois vrai… et terriblement réducteur.

Ce que nous avons ressenti allait plus loin. Nous avons rencontré énormément de personnes curieuses, spontanées, désireuses d’échanger et souvent heureuses de partager quelque chose de leur culture, même lorsqu’aucune transaction commerciale n’était en jeu.

Notre capitaine de bateau entre Battambang et Siem Reap, qui a pris plaisir à jouer les guides touristiques, nous expliquant tant les modes de vie des habitants du Tonle Sap que la faune locale

À Battambang, une jeune serveuse s’amusait à nous apprendre quelques mots de khmer. Une Cambodgienne rencontrée à Wat Ek Phnom est venue spontanément discuter avec nous en français. Dans la campagne, un jeune professeur d’anglais s’est inquiété de nous voir coincés sans moyen de transport et a tenté de nous aider à rentrer en ville.

Sur le bateau reliant Battambang à Siem Reap, notre capitaine ne s’est pas contenté de nous transporter. Installés juste derrière lui, nous l’avons entendu nous expliquer les techniques de pêche, les villages, l’adaptation aux crues et la vie autour du Tonlé Sap. Plus tard, lors d’une halte, des enfants sortant de l’école nous adressaient de grands signes et tentaient de nous parler en khmer.

Sortie des classes dans les villages flottants

À Siem Reap, ce sont encore d’autres petites scènes qui nous ont marqués, comme cet enfant rencontré dans un restaurant très local qui avait instauré à distance un véritable jeu de regards et de complicité avec John avant de venir le saluer solennellement au moment de partir.

Bien entendu, quatre semaines de voyage ne permettent pas de dresser le portrait de tout un peuple.

Nous avons aussi rencontré des personnes insistantes, des commerçants particulièrement intéressés par notre portefeuille ou quelques comportements qui nous ont franchement déplu.

Pourtant, ce qui nous paraît significatif, c’est que malgré ces expériences moins agréables, notre impression générale sur la population cambodgienne reste extrêmement positive.

Souriante, chaleureuse, curieuse, spontanée et dotée d’une capacité de résilience qui force le respect : voilà probablement les mots qui nous viennent aujourd’hui le plus naturellement.

Cambodge ou Thaïlande ? Deux voyages très différents

La comparaison revient forcément, puisque la Thaïlande était notre principale expérience préalable en Asie du Sud-Est. Il serait pourtant injuste d’en tirer une conclusion du type : Thaïlande touristique contre Cambodge authentique.

Ce n’est absolument pas ce que nous avons ressenti.

D’abord parce que notre connaissance de la Thaïlande reste elle-même très incomplète. Nous n’avons fait qu’effleurer certaines régions, notamment l’Isan, qui mériterait selon nous un voyage à part entière. Ce n’est probablement pas un hasard si certaines de nos interactions les plus spontanées avec les Thaïlandais avaient justement eu lieu du côté de Pak Chong ou de Buri Ram, loin des zones les plus fréquentées par les visiteurs internationaux.

Notre comparaison ne vaut donc que pour les endroits que nous avons réellement parcourus. Sur cette base, nous dirions plutôt ceci :

La Thaïlande nous a davantage éblouis. Le Cambodge nous a davantage touchés.

En Thaïlande, nous avons découvert une incroyable diversité de paysages, de temples, de villes et d’ambiances. Au Cambodge, nous avons eu beaucoup plus fréquemment le sentiment que le voyage nous mettait directement en contact avec les habitants. Ce n'est bien entendu que notre propre ressenti. 

Pourquoi cette différence ? Nous nous sommes évidemment posé la question.

Les trajectoires des deux pays sont très différentes. La Thaïlande n’a jamais été colonisée par une puissance européenne et constitue aujourd’hui une économie beaucoup plus développée. Le Cambodge a connu la colonisation française, les guerres, le régime khmer rouge puis une longue reconstruction au cours de laquelle les coopérations internationales ont joué un rôle important. 

Encore aujourd’hui, les partenariats étrangers restent très visibles dans certains domaines : enseignement, aide sociale, culture, formation ou encore déminage. APOPO ou Phare Ponleu Selpak en sont, chacun à leur manière, des exemples que nous avons rencontrés pendant notre voyage.

Est-ce que cette histoire explique en partie une familiarité différente avec les visiteurs occidentaux ? Peut-être. Cela reste une interprétation personnelle, pas une vérité sociologique.

Le degré de développement touristique joue certainement aussi. Dans des régions de Thaïlande fréquentées depuis plusieurs décennies par les voyageurs étrangers, notre présence n’a évidemment plus rien d’inhabituel.

Ce que nous pouvons affirmer avec certitude est beaucoup plus simple : pendant nos propres voyages, les interactions spontanées avec les habitants ont été nettement plus nombreuses au Cambodge.

Si votre priorité est donc de collectionner les paysages spectaculaires et les décors de carte postale, notre expérience nous ferait plutôt vous orienter vers la Thaïlande. Si ce que vous recherchez avant tout est la rencontre, les échanges spontanés et cette impression d’entrer facilement en contact avec la vie locale, notre voyage nous ferait aujourd’hui pencher vers le Cambodge.

Sans que l’un soit « meilleur » que l’autre. Ils ne nous ont simplement pas donné la même chose.

Nos plus gros coups de cœur… en laissant Angkor hors concours

Choisir seulement cinq coups de cœur au Cambodge est finalement beaucoup plus difficile que nous l’aurions imaginé avant de partir. Pour que le classement ait le moindre intérêt, nous avons décidé de tricher un peu : Angkor est hors concours.

Ta Prohm presque désert au petit matin, Angkor Wat, Preah Khan, Banteay Kdei ou encore les temples plus éloignés pourraient à eux seuls remplir la liste. Ta Prohm, notamment, représentait pour moi un véritable rêve d’enfance devenu réalité.

En dehors d’Angkor, nos cinq grands coups de cœur seraient :

  • Phare Ponleu Selpak à Battambang, puis son pendant professionnel à Siem Reap. L’école, son projet social, ses jeunes artistes et les spectacles ont donné une toute autre dimension à notre découverte du pays.
  • Sothy’s Pepper Farm, pour l’expérience elle-même, la gentillesse de la propriétaire, le côté familial de l'exploitation et ce qu’elle nous a permis de découvrir autour du poivre de Kampot.
  • Koh Trong, qui nous a offert une approche calme et très différente de la région de Kratie.
  • Koh Rong Sanloem, notre parenthèse de douceur de début de voyage. À l’heure de quitter l’île, nous avions d’ailleurs déjà le cœur un peu lourd.

Si nous devions maintenant mélanger expériences et bonnes adresses, The Community, Coco Bungalows et Chita’s Café  viendraient immédiatement compléter la liste.

Chita’s Café restera notamment associé à un accueil chaleureux et une cuisine familiale excellente, copieuse et très abordable, au point que nous y sommes retournés trois jours consécutifs.

Quant à S21 et aux Killing Fields, nous ne parlerions évidemment pas de « coups de cœur ». Ce sont pourtant deux des visites les plus importantes du voyage. Des lieux bouleversants, difficiles, parfois insoutenables, mais qui nous semblent indispensables pour comprendre le Cambodge contemporain. 

Après plusieurs heures à S21 puis à Choeung Ek, nous ne sommes pas repartis avec le sentiment d’avoir simplement effectué deux visites touristiques. Nous avions plutôt la sensation d’avoir été confrontés à une partie essentielle de l’histoire du pays.

Tout n’a évidemment pas été parfait

Ce bilan serait beaucoup moins utile si nous transformions maintenant quatre semaines de voyage en succession de sourires et de jolies anecdotes. Nous avons aussi connu plusieurs déconvenues.

Des hôtels très inégaux

C’est probablement l’une des surprises les plus nettes par rapport à notre expérience thaïlandaise.

Sur six hébergements, trois nous ont réellement déçus à différents degrés. Ce n’est donc plus un simple accident isolé. Nous avons rencontré des chambres moins bien entretenues que ce que les photos laissaient penser, des prestations annoncées mais absentes, des accueils trop commerciaux ou encore une organisation franchement défaillante pour certaines excursions.

À l’inverse, les trois établissements qui nous ont véritablement séduits avaient un point commun : ils étaient dirigés par des équipes khmères. Nous ne prétendons évidemment pas en tirer une règle générale. C’est simplement un constat concernant notre propre sélection d’hôtels.

Kampi : une énorme déception

Notre passage aux rapides de Kampi fait également partie des expériences que nous avons le moins appréciées.

Ce qui rend la déception plus forte, c’est que beaucoup de commentaires récents décrivent encore un endroit agréable où manger et passer quelques heures au bord du Mékong.

Nous sommes probablement très mal tombés, face à une personne tellement insistante que nous avons préféré repartir presque immédiatement. C’est précisément parce que notre expérience semble si différente de celle d’autres voyageurs que nous aurions presque envie, un jour, de redonner une chance au lieu. Histoire de savoir si Kampi mérite réellement notre mauvaise impression ou si nous avons simplement rencontré la mauvaise personne au mauvais moment.

Quelques situations franchement inconfortables

À Phnom Penh, nous avons également vécu un épisode où nous avons eu le sentiment d’être suivis, ce qui reste le moment où nous nous sommes sentis le moins sereins pendant tout le voyage.

À Battambang, un chauffeur de tuk-tuk a quant à lui essayé de nous conduire vers une autre maison traditionnelle que celle que nous avions explicitement demandée, le propriétaire de cette maison tentant ensuite avec insistance de nous convaincre d’y rester. Nous avons dû nous montrer fermes pour être conduits à la bonne adresse, pourtant située seulement quelques maisons plus loin.

Notons cependant que ces moments restent déplaisants mais qu'ils pèsent finalement très peu face à tout ce que le voyage nous a apporté de positif.

Voyager au Cambodge est-il difficile ?

C’est un autre point sur lequel le pays nous a agréablement surpris.

Après nos problèmes de voiture de location pendant les préparatifs et toutes nos hésitations sur les transports, nous nous attendions à une logistique relativement compliquée. 

Sur place, aller d’un point A à un point B s’est révélé beaucoup plus facile que prévu. Grab fonctionne extrêmement bien dans les grandes villes et permet de commander facilement un tuk-tuk, connaître le prix à l’avance et suivre le trajet. Pour un premier séjour, le système est particulièrement rassurant. Il faut simplement en connaître les limites.

À la campagne, notamment autour de Battambang, nous avons découvert à nos dépens qu’obtenir un véhicule pour revenir vers la ville pouvait devenir nettement plus compliqué. C’est précisément ce qui nous a convaincus de l’intérêt du scooter pour certaines étapes.

Les vans partagés, eux, ont parfois été… épiques. Ils ne resteront pas nos meilleurs souvenirs de confort, mais ils ont fonctionné. Ils relient énormément de villes et ils nous ont même fait découvrir que certaines étapes que nous pensions difficiles à intégrer — Stung Treng notamment — étaient en réalité directement accessibles sur les liaisons régulières.

Le Cambodge nous semble donc tout à fait accessible à des voyageurs indépendants, à condition d’accepter que les transports ne répondent pas toujours aux standards de confort européens.

Quel niveau de confort attendre ?

Nous avions choisi des hôtels de milieu de gamme, toujours avec climatisation et, lorsque c’était possible, piscine.

Dans l’ensemble, ils nous ont offert un niveau de confort satisfaisant, mais moins homogène qu’en Thaïlande. Les salles de bains étaient parfois assez rudimentaires. L’entretien de certaines infrastructures n’était pas toujours à la hauteur de ce que leur catégorie pouvait laisser espérer.

En revanche, une chose nous a étonnés : nous avons très bien dormi partout. La qualité de la literie a été excellente dans tous nos hébergements, y compris ceux que nous ne recommanderions pas pour d’autres raisons.

Notre chambre au The Community à Siem Reap, sans conteste notre meilleure adresse du séjour.

Quant à Siem Reap, la ville a montré qu’il était parfaitement possible de trouver au Cambodge des établissements offrant à la fois un très bon confort, un service remarquable et une véritable personnalité. Dès notre arrivée au The Community, l’accueil, la chambre et la philosophie du lieu nous avaient immédiatement donné le sentiment d’être tombés au bon endroit.

Pauvreté, développement et contrastes parfois difficiles à ignorer

Voyager au Cambodge, c’est aussi être confronté à des écarts de niveau de vie beaucoup plus visibles que dans les endroits de Thaïlande que nous avions visités.

Dans les villages flottants du Tonlé Sap, les conditions de vie sont souvent modestes. Pourtant, ce n’est pas là que nous avons ressenti le plus fortement la pauvreté : ces villages traditionnels donnent surtout l’impression d’une organisation complète de la vie autour de l’eau, avec leurs commerces, leurs écoles, leurs maisons et leurs activités économiques. 

C’est davantage autour de Sambor, lorsque des enfants sont venus mendier directement, que la réalité nous a frappés.

À Kep, les contrastes deviennent encore plus visibles. Une partie importante de la population vit très modestement, tandis qu’apparaissent parallèlement de grands resorts et d’imposantes villas appartenant notamment à des investisseurs ou résidents étrangers.

C’est également dans l’archipel de Kep que j’ai pris une photo qui résume pour moi une partie de ces contradictions. Deux enfants assis au sol devant une cabane en tôle. Autour d’eux, des déchets plastiques. Et tous les deux absorbés par un smartphone.

Une image à la fois terriblement contemporaine et profondément dérangeante. Elle dit peut-être mieux que de longs discours à quel point modernité, pauvreté et mondialisation peuvent aujourd’hui cohabiter dans un même cadre.

Et puis il y a les déchets

La gestion des déchets nous a également marqués.

Certaines villes semblent disposer d’un système de ramassage relativement organisé, parfois même de tri. Ailleurs, notamment à Battambang ou Kratie, nous avons régulièrement vu les habitants brûler leurs déchets devant leur habitation en fin de journée. Y compris du plastique. 

Pour le voyageur, cela se traduit surtout par une odeur particulièrement désagréable lorsqu’on passe à proximité. Pour les personnes qui y vivent toute l’année, la question est évidemment beaucoup plus préoccupante. C’est l’un des aspects du développement du pays qui nous a semblé encore particulièrement fragile.

Et le sentiment de sécurité ?

Avant notre voyage, nous avions passé des mois à surveiller la situation à la frontière avec la Thaïlande.

Battambang avait longtemps été incertaine. Preah Vihear avait finalement disparu du programme. 

Lorsque nous sommes partis, certaines recommandations officielles continuaient à déconseiller les voyages non essentiels dans plusieurs zones concernées par le conflit.

A Battambang, la vie qui continue, malgré le conflit.

Une fois sur place ? Nous n’avons rien vu ni entendu de la guerre. Pas de tirs. Pas de bombardements. Pas de sensation particulière de tension à Battambang. Nous savions évidemment que cela ne signifiait pas que le conflit n’existait pas. Nous savions aussi que notre expérience personnelle ne remettait absolument pas en cause les recommandations officielles. Mais sur le terrain, notre quotidien touristique à Battambang s’est déroulé normalement.

Battambang - Marché central

Ce qui nous a surtout frappés fut l’autre conséquence du conflit : l’absence de touristes. Entre les recommandations des ministères et les avertissements affichés jusque sur certaines plateformes de voyage, toute l’économie touristique locale a forcément énormément souffert. Et après avoir découvert Battambang et tout ce qu’elle avait à offrir, nous en avons été sincèrement attristés.

Concernant la sécurité quotidienne, nous nous sommes globalement sentis sereins dans le pays. La seule vraie exception reste Phnom Penh, où notre expérience personnelle nous conduit à recommander davantage de vigilance qu’ailleurs.

Alors, le Cambodge était-il à la hauteur de nos attentes ?

Non. Il les a dépassées. Mais pas comme nous l’avions imaginé.

Au hasard de notre promenade sur Koh Trong, à Kratie

Nous pensions revenir en parlant surtout d’Angkor ? Nous parlons du bateau entre Battambang et Siem Reap !

Nous pensions nous souvenir surtout des grands temples? Nous repensons à trois vieilles dames dans une pagode ! 

Nous pensions que les paysages constitueraient l’essentiel de nos souvenirs ? Nous nous rappelons les enfants des villages flottants, les membres du personnel d’un hôtel qui nous appelaient par nos prénoms, les élèves de Phare, les discussions avec des chauffeurs, des vendeurs ou des habitants rencontrés complètement par hasard !

Cuisine de rue dans les ruelles de Battambang

C’est sans doute ce qui résume le mieux notre voyage.

Le Cambodge ne nous a pas seulement montré des choses. Il nous a fait vivre des choses.

Retournerons-nous au Cambodge ?

La question nous aurait presque fait sourire avant le départ. Notre réponse était déjà prête : probablement pas.

Nous pensions faire un beau voyage, découvrir Angkor, parcourir le pays pendant un mois… puis passer à autre chose.

Aujourd’hui, la réponse est exactement inverse : oui, nous retournerons au Cambodge. Et probablement plus d’une fois !

Nous aimerions découvrir davantage l’Est du pays et ses montagnes, notamment les régions liées à la production de café. Nous voudrions explorer Koh Kong, dont nous n’avons réellement pris conscience de l’intérêt qu’après notre retour. Nous irions probablement également découvrir Koh Rong, pour pouvoir la comparer à sa petite sœur Koh Rong Sanloem.

Koh Rong Sanloem, petit coin de paradis aux eaux turquoises

Une nouvelle semaine du côté d’Angkor ne nous semblerait absolument pas excessive. Au contraire : après cette première découverte, nous avons surtout l’impression d’avoir commencé à comprendre l’immensité du site et tout ce qu’il reste encore à approfondir.

De gauche à droite : Bayon - Angkor Wat - Ta Prohm

Sans oublier quelques endroits où nous retournerions simplement parce que nous nous y sommes sentis bien. La liste devient déjà trop longue pour un seul nouveau voyage. Et c’est probablement la meilleure réponse possible à la question.

La plus grosse idée sur laquelle nous avons changé d’avis

Avant de partir, nous pensions que le Cambodge avait probablement moins à offrir que la Thaïlande.

Nous pensions donc qu’un seul voyage suffirait. Quatre semaines plus tard, nous avons compris que nous posions mal la question. Un pays n’a pas besoin d’offrir davantage de paysages, davantage de temples ou davantage de sites touristiques pour offrir davantage d’expériences.

Le Cambodge nous a confortés dans une autre conviction : l’Asie du Sud-Est est une région du monde dans laquelle nous nous sentons profondément bien.

C’est désormais la deuxième fois que nous revenons de cette partie du monde avec une sensation étrange au retour en Belgique. Pas simplement le classique blues des vacances terminées. Quelque chose de plus profond. Un contraste entre deux manières de vivre, deux rythmes, deux rapports aux autres, qui nous donne chaque fois le sentiment d’avoir laissé derrière nous quelque chose qui nous correspond.

Depuis ce voyage, j’ai choisi pour fond d’écran de mon ordinateur l'une de mes photos, assortie d'une citation d'Alexandra David Neel qui résume assez bien ce que nous recherchions : 

Après quatre semaines au Cambodge, cette idée nous paraît encore plus juste.

Nous pensions visiter ce pays une fois.

Nous sommes rentrés en nous demandant :Quand est-ce qu’on y retourne ?