15/02/2026 - Pause à Siem Reap, Wat Bo et soirée très locale au Red Crab

Une journée plus calme, mais pas vide

Après plusieurs journées très denses à Siem Reap, nous décidons de lever un peu le pied ce 15 février 2026.

Au départ, deux activités beaucoup plus ambitieuses figuraient pourtant dans notre programme : le Phnom Kulen National Park et le Kulen Elephant Forest. Finalement, nous annulons les deux.

Pour Phnom Kulen, la décision est surtout budgétaire. Non pas que nous n’ayons pas les moyens d’y aller, mais entre le tarif d’entrée très élevé pour les visiteurs étrangers et le coût du véhicule pour nous y conduire, nous estimons que le prix global ne se justifie pas vraiment par rapport à nos priorités du moment. 

Pour Kulen Elephant Forest, la décision est plus délicate. Nous avions lu certains commentaires laissant entendre qu’il pouvait s’agir d’un faux sanctuaire. Comme nous avions déjà eu l’impression d’être tombés dans ce piège en Thaïlande, nous n’avions aucune envie de participer malgré nous à une activité douteuse une seconde fois. Avec le recul, il semble que ces accusations aient été exagérées, voire totalement injustes. Le lieu paraît plutôt sérieux dans sa démarche mais sur le moment, notre prudence l’a emporté. Ce n'est que partie remise pour un prochain voyage.

Au final, nous transformons donc cette journée en parenthèse plus légère : petit déjeuner tranquille, promenade en ville, marché, Wat Bo, souvenirs, pause piscine et dîner local.

Après Angkor Thom, Preah Khan et Phare Circus la veille, ce n’était franchement pas une mauvaise idée.

Petit déjeuner tranquille et matinée sans pression

Nous commençons la journée doucement, par un petit déjeuner à l’hôtel.

Durant tout notre séjour, nous avons opté à chaque fois que cela nous était possible pour des petits déjeuners asiatiques, composés de nouilles ou de riz frits. De quoi bien commencer la journée ! 

Ce genre de matinée fait aussi du bien en voyage. Ne pas courir, ne pas vérifier l’heure en permanence, ne pas avoir peur d’arriver trop tard sur un site ou de manquer la lumière. Juste profiter du lieu, du calme de l’hôtel et de cette sensation agréable d’avoir encore plusieurs jours devant nous à Siem Reap.

Nous savons que le lendemain sera à nouveau chargé, avec des temples plus éloignés au programme. Cette journée plus tranquille tombe donc très bien.

Vers le centre de Siem Reap

Nous demandons ensuite à un tuktuk de nous déposer vers le centre de Siem Reap, du côté de Pub Street.

Pub Street, méconnaissable de jour, et qui se transforme en haut lieu de la fête à la nuit tombée.

Même si ce n’est pas forcément le secteur que nous préférons, il faut bien reconnaître que c’est un point de repère pratique pour commencer à se promener. De là, une rue en entraîne une autre, et nous nous laissons progressivement porter par la ville.

Nous longeons notamment le riverside, où la vie locale reprend doucement ses droits loin des temples. Des enfants jouent dans la rivière, des habitants circulent, les scènes du quotidien remplacent les gopuras, les bas-reliefs et les tours à visages.

Ce n’est pas spectaculaire. C’est même tout l’intérêt. Après plusieurs journées passées dans l’univers monumental d’Angkor, cette balade nous ramène vers une Siem Reap plus simple, plus urbaine, plus vivante.

Street art dans les rues de Siem Reap

Old Market, marchandage et Made in Cambodia Market

Nous passons par le Old Market, où nous achetons une sculpture de Bouddha en bois.

Là, il faut marchander. Les prix annoncés sont clairement gonflés, parfois de manière assez impressionnante. C’est John qui s’y colle, parce que je déteste ça. Je sais bien que dans certains pays, le marchandage fait partie du jeu mais personnellement, je n’aime pas cette logique. Pour moi, quand on demande un prix, c’est qu’on estime que l’objet le vaut. Transformer l’achat en petit bras de fer ne m’amuse pas vraiment.

Cela dit, il faut s’adapter alors, sur ce coup-là, autant laisser faire celui qui s’en sort le mieux.

Nous passons aussi par le Made in Cambodia Market, un tout petit marché d’artisanat local plus agréable à parcourir. L’ambiance est différente, moins tournée vers le souvenir de masse. On y retrouve davantage cette idée d’objets fabriqués localement, de créations, de pièces choisies avec un peu plus de soin.

Wat Bo, une parenthèse paisible en ville

Nous poursuivons ensuite vers Wat Bo. Cette pagode n’est pas la seule de Siem Reap, mais nous avions repéré son existence avant le voyage, notamment grâce à des vidéos suivies pendant nos préparatifs. Comme nous passons dans le secteur, c’est l’occasion parfaite de nous y arrêter.

C’est une jolie surprise. Wat Bo n’est pas un lieu qui cherche à impressionner comme les temples d’Angkor. C’est une pagode vivante, paisible, agréable à découvrir quand on a envie de changer de rythme. Au milieu du tumulte de la ville, elle offre une vraie parenthèse ressourçante.

La visite est simple, mais elle fait du bien. Après plusieurs jours de temples monumentaux, retrouver un lieu plus modeste, plus quotidien, plus ancré dans la vie religieuse actuelle, permet aussi de voir une autre facette de Siem Reap.

Change, souvenirs et grande valise

Après cette promenade, nous refaisons un peu de change pour la deuxième moitié du séjour au Welcome Money Exchange & Serey Chanthea Money Exchange, un bureau que nous recommandons volontiers.

Nous achetons aussi une énorme valise. Cela peut sembler anecdotique, mais c’était devenu franchement nécessaire. Nous étions partis avec une seule valise en soute et deux sacs à dos en cabine, afin de rester relativement légers tant que nous avions des trajets en bateau au programme. 

Maintenant que le reste du voyage se fera uniquement par la route, et puisque les souvenirs commencent à s’accumuler, il devient urgent d’avoir de quoi tout ranger. La valise est immense, parfaite pour accueillir nos achats présents et futurs.

Acheter aussi à l’hôtel

De retour à l’hôtel, nous achetons également quelques souvenirs sur place.

Ce n’est pas un achat par facilité. Au The Community, les objets proposés ont du sens : décoration, pièces artisanales, créations locales, ambiance soignée, lien avec la philosophie du lieu. Tout est cohérent avec ce que nous ressentons depuis notre arrivée.

Les souvenirs achetés à l'hôtel - deux peintures et trois statuettes en bronze : un buste de Devata, une danseuse apsara et l'éléphant Airavata

Surtout, cela nous parle beaucoup plus que le marchandage dans les marchés. Ici, l’hôtel a déjà négocié les prix au plus juste avec les artisans et les a rémunérés correctement. Les objets sont ensuite revendus à prix coûtant, puis l’argent est redistribué à l’ensemble du personnel, puisque tous sont co-actionnaires de leur outil de travail.

Pour nous, cela change complètement la logique de l’achat. On n’a pas l’impression de devoir “gagner” une négociation, ni de se demander si le prix est gonflé ou si l’artisan est réellement payé à sa juste valeur. On achète un objet que l’on aime, dans un lieu que l’on apprécie, en sachant que l’argent reste dans un circuit cohérent avec les valeurs de l’hôtel.

Nous aimons l’idée que ces souvenirs ne soient pas seulement des objets rapportés du Cambodge, mais aussi des pièces associées à un endroit où nous nous sommes vraiment sentis bien. L’hôtel nous a déjà énormément séduits par son accueil, sa philosophie et son atmosphère. Acheter quelques souvenirs ici avait donc quelque chose d’assez naturel.

Préparer la journée du lendemain

Nous profitons aussi de notre passage à la réception pour organiser la journée suivante. 

Nous réservons un tuktuk pour aller visiter des temples plus éloignés : Beng Mealea et Banteay Srei

Au départ, nous avions envisagé d’ajouter aussi Bakong, mais nous finissons par renoncer. La journée sera déjà bien chargée comme ça. En plus, les tours proposés par l’hôtel n’incluent pas les trois temples, et ajouter Bakong aurait augmenté assez nettement le tarif de la course. 

Comme nous avons déjà visité beaucoup de temples depuis notre arrivée à Siem Reap, nous décidons de ne pas forcer. Ce sera donc Beng Mealea et Banteay Srei, et ce sera largement suffisant.

Pause piscine, comme une habitude

L’après-midi se termine comme souvent depuis notre arrivée : à la piscine. Après les temples, les balades en ville, la chaleur et les petites démarches pratiques, cette pause est devenue presque un rituel. Nous rechargeons les batteries tranquillement avant de ressortir pour dîner.

Changement de programme pour le dîner

Le soir, nous pensions tester le barbecue khmer situé juste en face de l’hôtel.

En sortant, l’une des hôtesses s’intéresse à nos projets pour la soirée. Lorsque nous lui expliquons où nous comptons aller, son visage change un peu. Elle nous déconseille l’adresse, en nous expliquant qu’il y a déjà eu des soucis de fraîcheur. Comme il s’agit d’un buffet à volonté comprenant notamment des fruits de mer et du poisson, nous décidons de l’écouter sagement.

Elle nous recommande alors un autre établissement sur un concept proche : Red Crab, situé à moins de trois kilomètres de l’hôtel, soit moins de dix minutes en tuktuk. Nous commandons un Grab, et c’est parti pour une soirée qui s’annonce finalement beaucoup plus locale que prévu.

Red Crab, une expérience très locale

Dès l’arrivée, le ton est donné. Il faut d’abord payer à un guichet vitré à l’entrée, puis passer un tourniquet avec un bracelet servant de preuve de paiement et de badge. À l’intérieur, le lieu est immense.

Première constatation : nous sommes pratiquement les seuls touristes. Il y a bien un ou deux Occidentaux, mais en couple mixte avec des Cambodgiens. Pour le reste, l’adresse semble surtout fréquentée par des familles et groupes locaux. 

On nous installe à une table avec un brasero et un caquelon de fondue à deux bouillons : l’un pimenté, l’autre plus aromatique. 

Puis vient le moment d’explorer le buffet. Il y a de tout. Crustacés, poissons, fruits de mer, viandes, le tout à cuire au brasero, légumes et champignons pour le bouillon, herbes fraîches et aromates, soupes, salades, entrées chaudes, plats préparés, et même sushis et sashimis. 

À l’encontre de toutes les recommandations d'usage, nous nous ruons sur le poisson cru. Baptême du feu, en quelque sorte. Nous nous disons que si nous ne sommes pas malades après ça, nous ne le serons plus. Spoiler : non seulement nous n’avons pas été malades mais de plus, c’était très bon.

Un barbecue khmer qui nous convainc moins

La partie buffet froid et poisson cru nous plaît beaucoup. En revanche, nous sommes un peu plus réservés sur le barbecue khmer en lui-même.


Les produits sont frais, mais ils nous paraissent assez peu savoureux une fois cuits. C’est probablement surtout une question de technique. Nous ne savons pas vraiment comment les assaisonner, les cuire, les accompagner ou les agrémenter à la khmère. Les familles autour de nous semblent beaucoup mieux maîtriser le sujet. 

Ce n’est donc pas une adresse que je recommanderais de manière nette à tout le monde. En revanche, pour une expérience très locale, curieuse, un peu déroutante et franchement généreuse, Red Crab vaut le détour si l’on aime sortir des restaurants plus calibrés pour voyageurs.

Un buffet cambodgien, pas une soirée occidentale

Deuxième constatation : les habitudes à table ne sont pas les mêmes.

Là où nous allons nous servir progressivement, en fonction de ce que nous sommes certains de pouvoir manger, les familles khmères autour de nous semblent plutôt tout rapporter en une fois. Comme les tables sont souvent grandes, cela donne des scènes assez impressionnantes : des plateaux partout, des piles d’assiettes, des crustacés, des viandes, des légumes, des petits bols, des sauces, des plats qui s’accumulent.

Certaines tables prennent des allures de buffets gargantuesques. Il y a aussi ce qui tombe, ce qui glisse, ce qui finit sous la table. Si l’on est très attaché aux standards de bienséance occidentaux, mieux vaut peut-être passer son chemin. Mais c’est aussi ça que nous recherchons : une expérience locale, très locale, pas aseptisée, pas pensée pour nous plaire à tout prix.

Le petit garçon qui méritait un Oscar

L’anecdote la plus marquante de la soirée tient en un petit garçon. Il devait avoir quatre ou cinq ans. 

Comme tous les enfants du monde dans ce genre de repas interminable, il en avait manifestement assez. Très vite, John le repère en train de jouer la comédie, les mains sur le ventre, l’air dramatique, pour tenter d’apitoyer ses parents. John me le signale en me disant qu’il mériterait un Oscar.

Le petit garçon le voit. Dans un premier temps, il fronce les sourcils. Puis il comprend que John est surtout amusé. Un petit jeu de regards, de sourires et de complicité s’installe alors entre eux, à distance. Puis vient le grand moment. Quand la famille finit par quitter le restaurant, le garçon arrive à hauteur de John. Il se tient toujours le ventre, évidemment. Puis il s’arrête net, effectue un quart de tour, se place face à lui, joint les mains, prend l’air le plus sérieux du monde et s’incline dans un salut parfait.

Nous restons surpris, puis franchement amusés. Le sous-texte nous paraît évident : il remerciait John de ne pas l’avoir dénoncé à ses parents.

Cette scène restera sans doute l’une de celles dont nous reparlerons longtemps. Elle résume à elle seule une spontanéité que nous avons souvent adorée chez les enfants cambodgiens, et que nous n’avions pas observée avec autant de force en Thaïlande, sauf peut-être en Isan, du côté de Buri Ram.

Une journée calme, mais pleine de petites scènes

Après le dîner, nous rentrons à l’hôtel en tuktuk, toujours via Grab.

Cette journée du 15 février n’a rien d’une grande journée de temples. Elle n’a pas non plus le côté spectaculaire de notre arrivée en bateau à Siem Reap ou de nos premières visites à Angkor. 

Pourtant, elle a toute sa place dans le voyage. Elle nous a permis de souffler, de voir une autre facette de Siem Reap, de prendre le temps de marcher, d’acheter nos souvenirs, de préparer la suite, et de vivre une soirée très locale dont nous garderons longtemps le souvenir.

Parfois, les journées les plus simples sont aussi celles qui laissent les petites scènes les plus vivantes.