04/02/2026 - De Phnom Penh à Koh Rong Sanloem : transfert, bateau et coup de cœur

Un réveil matinal pour une journée de transfert

Ce 4 février 2026 est une journée particulière à plus d’un titre. D’abord parce qu’elle marque notre départ de Phnom Penh pour rejoindre Koh Rong Sanloem. Ensuite parce que c’est aussi l’anniversaire de John. Autant dire que nous espérons secrètement que la journée se terminera mieux qu’elle ne commence.

Comme souvent en voyage, nous nous réveillons très tôt, bien avant le réveil prévu “au cas où”. Nous prenons le petit déjeuner à l’hôtel, puis nous bouclons tranquillement les derniers préparatifs. Le check-out, lui, est expédié en deux minutes : la chambre a été réglée via Agoda, et nous avons payé nos consommations au fur et à mesure. Pour une fois, aucune complication.

Dans nos têtes, nous sommes surtout impatients. La veille nous a un peu refroidis sur Phnom Penh, et jusque-là, le Cambodge ne nous a pas encore offert ce fameux effet waouh que nous avions ressenti très vite en Thaïlande. J’avoue même m’être demandé, pendant deux minutes, si nous avions fait le bon choix… et si un mois dans le pays n’allait pas nous sembler long.

Une marge confortable… heureusement

À 9h30, nous avons rendez-vous dans le lobby avec le chauffeur de notre voiture réservée via 12Go Asia. Le trajet vers Sihanoukville est annoncé à trois heures, et nous devons être au check-in du speedboat GTVC pour 13h30 au plus tard.

Comme souvent, j’ai volontairement prévu large. Très large, même. Et pour une fois, cette prudence va se révéler franchement utile.Le chauffeur arrive avec quinze minutes de retard. Rien de dramatique à ce stade. En revanche, première petite surprise en découvrant le véhicule : ce n’est pas le SUV réservé, mais un grand van dix places

Au moins, on peut dire qu'on a de la place ! 

Bon… il est spacieux, confortable, et nous n’avons pas vraiment envie de perdre du temps à discuter. Nous montons donc à bord sans faire d’histoire.

Quitter Phnom Penh prend déjà un certain temps. La circulation est dense, très dense même, et nous avançons au ralenti pendant un bon moment. 

L'occasion de croiser quelques moines en route pour le Tak Bat

Une fois la ville derrière nous, le décor change brutalement : place à l’autoroute, à une route assez monotone, et à un trajet qui n’a franchement rien de mémorable sur le plan paysager.

Une fois sortis de Phnom Penh, c'est à peu près le seul paysage auquel nous aurons droit sur une bonne partie du trajet. Très vert, mais sans distinguer grand-chose. 

Mais très vite, le décor cesse d’être notre principale préoccupation.

Le transfert prend une tournure bien plus stressante que prévu

Après une première pause toilettes rapide, le chauffeur repart. Et c’est là que l’ambiance change.

Il commence à envoyer des messages vocaux à répétition, visiblement pour demander ou suivre des consignes. Puis il coupe la climatisation. Et surtout, il se met à rouler lentement. Puis très lentement. Puis presque au ralenti.

Au début, je reste relativement calme. Après tout, j’ai prévu une grosse marge, et je me dis qu’elle absorbera le retard. Je suis le trajet sur Google Maps, je regarde où nous en sommes, et je me répète que cela devrait encore passer. Mais à mesure que les minutes défilent, l’inquiétude monte.

À la sortie de l’autoroute, nous roulons pratiquement au pas. Le chauffeur parle très peu anglais, ce qui ne facilite rien. Je finis donc par contacter l’agence via WhatsApp pour comprendre ce qu’il se passe. Et là, la réponse tombe : le van est un véhicule électrique, et le chauffeur a très mal géré la batterie. Elle est presque à plat. Problème supplémentaire : aucune des stations croisées plus tôt ne permettait de recharger.

À ce moment-là, je commence sérieusement à envisager que nous allions rater le bateau.

J’avais déjà vérifié, par précaution, s’il restait de la place sur le ferry suivant. C’était le cas. Mais cela n’aurait pas réglé tout le problème : nous aurions perdu les billets déjà payés et dû en racheter de nouveaux. Donc non, ce n’était pas anodin du tout. À ce stade, le stress devient bien réel.

Un final totalement improbable avant le port

À environ trois kilomètres de l’arrivée, le chauffeur finit enfin par trouver de quoi recharger. Mais à ce moment-là, il ne nous reste plus qu’un quart d’heure pour arriver à temps.

Autant dire que je commence à réfléchir très sérieusement à commander un Grab pour terminer le trajet par nos propres moyens.

Et c’est là que la scène devient totalement improbable.

Une voiture surgit de nulle part. Notre chauffeur s’arrête, descend, échange quelques mots, puis nous transfère tout simplement dans ce nouveau véhicule, comme si cette procédure improvisée était parfaitement normale. Le van reste sur place, et nous repartons sans vraiment comprendre ce qui vient de se passer.

Contre toute attente, nous arrivons finalement au port à 13h28. Autrement dit : à deux minutes près, ou presque.

Embarquement immédiat pour Koh Rong Sanloem

Une fois arrivés, tout s’enchaîne très vite. Check-in chez GTVC, embarquement, puis départ en speedboat vers Koh Rong Sanloem.

La traversée dure environ 45 minutes et se passe sans encombre. La mer est calme, ce qui rend le trajet particulièrement agréable. J’avais réservé les deux sièges avant, juste derrière le capitaine, sous la bâche du bateau. Une bonne idée, au final, pour profiter du trajet sans être trop secoués.

L'un des bateaux GTVC

Et puis arrive ce moment où l’île se dessine enfin.

Je ne dirais pas que l’eau est turquoise, pas au sens spectaculaire qu’on peut trouver ailleurs. Le golfe de Thaïlande n’a pas la couleur irréelle de la mer d’Andaman. En revanche, il y a déjà tout ce qui suffit à faire la différence : du sable blanc, des cocotiers, très peu de monde, et cette impression immédiate d’être entrés dans une autre partie du voyage.

Nous débarquons sur une jetée dont le sol est franchement abîmé, tout comme le petit chemin qui mène vers l’hôtel. Ce n’est pas très glamour, mais honnêtement, cela ne pèse pas bien lourd face au sentiment très net qui nous traverse à ce moment-là : nous sommes arrivés au bon endroit.

Une arrivée parfaite au Coco Bungalows

Dès la sortie du bateau, une première attention nous met tout de suite dans de bonnes dispositions : l’hôtel a envoyé quelqu’un pour nous aider à porter nos bagages.

Après la matinée que nous venons de vivre, ce genre de détail fait toute la différence.

Quelques minutes plus tard, nous arrivons au Coco Bungalows. Et là, c’est le coup de cœur immédiat.

L’accueil est vraiment excellent. On nous invite à nous asseoir à une table du restaurant pendant que le gérant prend nos passeports pour gérer le check-in. Pendant ce temps, on nous apporte tranquillement deux mango shakes

L'entrée du restaurant et de la réception

Il revient ensuite avec les documents, nous les remet, et nous dit simplement de prendre notre temps avant de rejoindre notre bungalow. Entre-temps, nos bagages ont déjà été montés. Nous n’avons littéralement rien à faire, si ce n’est profiter. Après le transfert chaotique du matin, cette simplicité a presque quelque chose de réparateur.

Un bungalow qui donne immédiatement envie de rester

Quand nous découvrons notre bungalow, le charme opère tout de suite.

Tout en bois, avec sa petite terrasse, sa vue sur la baie et son atmosphère simple mais chaleureuse, il donne immédiatement envie de s’installer et de ne plus bouger. Il n’a rien d’ultra luxueux, mais il possède ce supplément d’âme qui fait parfois toute la différence.

La vue depuis la terrasse de notre bungalow

Une bonne douche plus tard, nous nous sentons déjà complètement ailleurs. Le stress du trajet s’est évaporé. Phnom Penh paraît loin. Le van électrique, les messages vocaux, la batterie à plat et la course contre la montre semblent déjà appartenir à une autre journée.

Le Coco Bungalows est en plus un peu excentré par rapport à la partie la plus animée de la plage, et c’est exactement ce qui nous plaît. À ce moment-là, nous comprenons tout de suite que nous avons fait le bon choix.

Vue d'ensemble sur les bungalows. Celui que nous avions est celui qui est situé le plus à droite sur la photo. 

Première promenade sur la plage : le vrai début des vacances

Nous partons ensuite pour une première promenade le long de la plage.

Plus nous avançons, plus nous nous félicitons d’être logés à l’écart de la zone où les bars et restaurants de plage s’enchaînent. Ici, l’ambiance est plus calme, plus posée, plus proche de ce que nous recherchons.

La plage est superbe : sable blanc, eau claire, très peu de monde, aucun rocher à cet endroit-là. On a presque l’impression de longer une immense piscine naturelle. Ce n’est peut-être pas la carte postale turquoise parfaite, mais cela n’empêche pas le lieu d’être profondément apaisant.

Ce qui reste d'une ancienne jetée. Occasion parfaite pour une photo "carte postale".

Autre détail qui nous amuse beaucoup dès cette première balade : les chiens. Il y en a partout, tranquilles, libres, parfaitement intégrés au décor. Et ce n’est pas qu’une impression : ils font vraiment partie intégrante de la vie de l’île.

Saracen Bay, le paradis des chiens ! 

Nous ne nous baignons pas ce premier jour. Nous préférons simplement marcher, observer, respirer et savourer cette arrivée. Le coucher de soleil est joli, sans être le plus spectaculaire du voyage mais peu importe : l’essentiel est ailleurs. Pour la première fois depuis notre arrivée au Cambodge, nous avons vraiment la sensation d’entrer dans le voyage que nous étions venus chercher.

Un anniversaire parfait, tout en simplicité

Le soir venu, nous revenons à l’hôtel pour dîner au restaurant du Coco Bungalows. Là encore, aucune fausse note.

La terrasse en bois fait face à la mer, l’ambiance est calme, décontractée, avec juste ce qu’il faut de romantisme pour un dîner d’anniversaire sur une île. Nous décidons de nous faire plaisir sans tomber dans l’excès : deux cocktails en apéritif, des rouleaux de printemps aux crevettes à partager, puis des calamars au poivre vert pour John et un amok de poisson pour moi. Nous ajoutons encore un verre de vin blanc, puis deux cocktails pour terminer le repas.

Tout est délicieux. Le service est attentif, sympathique, jamais pesant. Et surtout, l’addition reste d’une douceur presque déconcertante : à peine 37 euros. Autant dire que pour un dîner d’anniversaire dans un cadre pareil, le rapport plaisir-prix est presque indécent. 

Ce premier repas donne aussi le ton pour la suite : le restaurant de l’hôtel est tellement bon, et les prix tellement corrects, que nous y dînerons tous les soirs pendant notre séjour sur l’île.

Le voyage change enfin de visage

Si nous devions résumer cette journée en une seule idée, ce serait sans doute celle-ci : elle commence sous tension et se termine dans un bonheur absolu.

Le trajet entre Phnom Penh et Sihanoukville nous a demandé beaucoup plus de lâcher-prise que prévu. Et honnêtement, si j’avais voulu un premier test pour comprendre que ce voyage allait nécessiter souplesse et adaptation, je n’aurais pas pu rêver mieux.

Mais l’arrivée à Koh Rong Sanloem, elle, balaie tout le reste. Le Coco Bungalows, la plage, l’ambiance paisible, le dîner d’anniversaire de John… tout nous donne immédiatement le sentiment d’avoir enfin trouvé ce que nous étions venus chercher au Cambodge.

Après plusieurs jours encore un peu flottants, cette journée marque un vrai tournant. Cette fois, plus de doute : nous avons bien fait de venir.